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// 2008/02/24 11:01 / 90.4.90.20
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!!Audio Extranautes
'''les nouvelles perspectives de l’espace acoustique dans ses prolongements via les réseaux électroniques (TIC)'''

Suite aux précédents contrats-recherche accordés par la Délégation aux Arts Plastiques depuis 2004, le laboratoire post-diplôme LOCUS SONUS poursuit ses sessions de recherche à partir des axes discernés sur le programme 2006 ('''Flux/Lieux, Dispositif/Performance, Collectif/Réseau''') et des thématiques initiales du laboratoire ('''Audio en espace, Audio en réseau''').

L’objet principal de notre programme Audio Extranautes investit les questionnements relatifs à l’interaction des espaces physiques et numériques (Internet, web 2.0, téléphonie, etc.) dans des dimensions sociales locales et collectives, questionnements mis en expérimentation dans les pratiques artistiques numériques sonores actuelles. Audio Extranautes, nouvelles perspectives de l’espace acoustique via les réseaux électroniques (TIC) ouvre plusieurs axes de recherche menés conjointement par les deux laboratoires :
* manifestations dans l’espace physique des projets en réseau (extranautes, mondes virtuels) (nouvelles scénarités)
* signification de l’apparition des “flux” comme forme d’expression (streaming, podcast, myspace, etc.)
* impact des technologies mobiles sur l’expression artistique (téléphonie mobile, interfaces de performance wifi - STEIM, picoIP -)

Les 3 axes de recherche mobilisés par les deux laboratoires se proposent d’ouvrir un champ d’attention et d’expérimentation autour de l’intrication et l’innervation des “espaces” vus comme différenciés (en réseau, physique et virtuel) du point de vue des pratiques sonores numériques et des étendues acoustiques et du point de vue de la sociologie. Ils se problématisent sur l’interrogation et l’instabilité de ce que l’on entend habituellement par “coupures” ou “frontières” entre le numérique et le physique, et de ce que l’on comprend par “temps réel” et par “différé” (ou fixe) au regard de l’expérimentation des flux.
C’est l’exploration des espaces acoustiques qui est menée dans le cadre du laboratoire LOCUS SONUS ainsi que l’approche de nouvelles distinctions, voire de capacités, de l’instance “auteur” et de celle “auditeur”, au travers des développements conjoints, artistiques et industriels, des environnements en réseau.
La notion d’extranaute est au cœur de ces problématiques. Il ne s’agit pas de prendre cette notion dans sa définition courante (1), mais de l’interroger dans un sens élargi, de l’individu naviguant et actant dans des va-et-vient entre le on-line et le off-line.
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(1) Utilisateur d'un extranet. Un extranet est un réseau informatique sécurisé, généralement constitué d'une partie de l'intranet d'une entreprise ou d'une organisation communiquant à travers le réseau Internet, qui est accessible à une clientèle externe ciblée devant utiliser un mot de passe. Le terme extranaute a été formé sur le modèle d'internaute, lui-même issu de la contraction des mots INTERnet et astroNAUTE.
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Les laboratoires se mobilisent sur ces 3 axes en lançant des pistes d’expérimentation et de réalisations artistiques et des élucidations de problématiques :

'''manifestations dans l’espace physique des projets en réseau (extranautes, mondes virtuels) (nouvelles scénarités)'''
* monde virtuel (triangulations entre espace en réseau, espace virtuel espace physique)
* extranautes (on- et off-line, relève et relance des engagements réels et dans les réseaux, répliques, du virtuel au physique et vice-versa)
* nouvelles scénarités (variations des assiettes spatiales, lieux et distances, parages, sillages, faire public)

'''signification de l’apparition des “flux” comme forme d’expression (streaming, podcast, myspace, etc.)'''
* remote/local (flux et streaming, réinterprétations dans l’espace local)

'''impact des technologies mobiles sur l’expression artistique (téléphonie mobile, interfaces de performance wifi - STEIM, picoIP -)'''
* mobilité (extension du réseau dans l’espace portatif)

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!!MANIFESTATIONS DANS L’ESPACE PHYSIQUE DES PROJETS EN RÉSEAU
!!!monde virtuel
À partir du développement du dispositif en réseau (Locustream map, dispositif de micros ouverts streamant continuellement) et des dispositifs d’installations (Locustream tuner), le laboratoire LOCUS SONUS s’implique dans l’investissement d’un espace virtuel public (Second Life) pour y expérimenter et développer des dispositifs acoustiques.

Les questions posées partent de trois points qu’il s’agira de problématiser et d’expérimenter:

* Est-il possible de créer des liens triangulaires entre l'espace géographique entendu transporté (porté) par le réseau (projet streaming), l'espace virtuel, et la manifestation en local (installation)?

* Est-ce que l'espace "Second Life" peut servir de zone-test pour certaines formes artistiques (ou bien être porteur de nouvelles formes artistiques), et revenir dans l'espace physique ?

* Quelles seront les conséquences (modification de perception de l'espace réel) générées par ces passages?

!!!nouvelles scénarités
nouvelles scénarités, nouvelles aires de cristallisation de public.
Scènes problématiques et “problème du public”.

Une des propriétés des expérimentations de LOCUS SONUS est celle de travailler et de varier les enceintes où se déploient et se déposent les effets esthétiques visés. Elles supposent donc différentes manières de “convoquer un public”, c'est-à-dire différentes manières d’abord de soutirer un auditeur d’un récepteur, puis de lier (ou pas) cet auditeur à d’autres, dessinant ainsi diverses géographies de configurations de public.
Ce travail sur ce qu’on pourrait appeler les “assiettes spatiales” où se font valoir les effets des propositions artistiques se décline sur plusieurs axes de variations topologiques.

* Ces variations sont risquées aussi bien dans les conjonctions de sites distants (avec des possibilités de feed-back de site à site) ;

* Qu’éprouvées en sites physiques localisés, et pour autant que les installations/ performances en travaillent la topologie interne : par exemple en faisant flotter la barrière scène/salle (tantôt l’estompant, tantôt l’accusant); ou en offrant des bifurcations dans les protocoles implicites qui permettent de mettre en phase de manière diversifiée les attentions auditrices et les engagements des performers.

* Que travaillées également du point de vue de l’inscription des expérimentations dans des parages diversement investis par des publics, ou bien diversement accessibles (tantôt ces expérimentations prennent place dans le cadre de manifestations publiques englobantes, tantôt elles se testent “en coulisse” face à un public restreint, etc…

Toutes ces défriches de possibles spatiaux “dramatisent” des instabilités émergentes dans le domaine de la cristallisation de publics, ou bien, ce qui revient au même, dans celui de l’émergence de nouveaux événements publics dont, et l’extension (la portée) et la texture peuvent être offertes à des variations exploratoires.

On sait que les environnements numériques sont porteurs de ces possibles déstabilisants. On en indiquera rapidement au moins trois modalités.

* Si, et pour se référer à des développements déjà bien installés dans les cultures musicales contemporaines, les lutheries propres aux musiques électroniques, ne sont pas les premières lutheries nomades, elles ont eu cependant un effet réel de nomadisation des scènes musicales et ont su jouer sur cette extraversion et ce débordement des scènes instituées.

* Plus profondément, les technologies du streaming en étirant au maximum un flux sonore soumis à l’attention simultanée d’un ensemble d’auditeurs, qui n’ont pourtant aucun élément tangible quant au collectif d’attentions qu’ils “incarnent”, tendent à décoller la notion d’événement (ce qui arrive à un moment donné) de la notion de “théâtre”, comme on le dit dans l’expression “le théâtre des événements” et pour autant qu’il est difficile d’imaginer un événement qui n’arrive pas quelque part ! À l’horizon de cette esthétique sonore on trouve donc moins un évasement ou une extraversion des scénarités que la possibilité même de leur évidement ou de leur abolition.

* Pourtant ce sont ces mêmes technologies numériques, quoiqu’utilisées différemment, qui sont capables – et à l’inverse – de charger un lieu de plus d’événements que ne l’escomptent ceux qui s’y tiennent.
De fait tous les dispositifs dits interactifs, et en particulier ceux qui jouent sur les interactions entre corps présents et environnement de ces présences, saturent des micro espaces d’effets potentiels intensifiés. Or là aussi, et si le lieu reprend de la puissance, c’est à raison même d’une volatilisation ou en tous cas d’une indétermination radicale de la polarisation salle/scène.
Ce qu’accomplissent ces dispositifs, et du fait qu’ils bardent l’environnement de cellules sensibles aux agissements des êtres ainsi “environnés”, c’est qu’ils redistribuent la carte de l’agir et du pâtir essentielle à toute scénarité. Le “patient”, le public qui reçoit un spectacle ou une offre sensorielle, se trouve pourtant l’agir et le « déranger » du fait même de sa présence ; symétriquement, l’environnement perçu et éprouvé bouge – réagit – se constituant lui-même et pour ainsi dire comme public – pellicule sensible – d’un spectacle qui serait “dans la salle” ; de fait des corps y bougent ...

Diversement, donc, et selon des angles d’attaques hétérogènes, les opérativités numériques travaillent les scénarités artistiques. Elles permettent de multiplier les “contrats de performance” dont les pactes (souvent implicites) lient et coordonnent les engagements entre performers et publics. Elles explorent donc différentes manières de “faire public” (ou de construire des publics). Elles offrent ainsi au sociologue la possibilité de rouvrir un chantier traditionnel, auquel on l’a longtemps confiné, celui de la sociologie des publics de l’art, mais sur des bases radicalement renouvelées : plutôt que de porter l’attention simplement sur les identifiants ou les attributs sociaux de membres de publics déjà constitués, elle s’interroge sur les interactions constitutives qui permettent de “faire public”, et elle peut d’autant mieux le faire qu’il s’avère qu’il y a tellement de manières différentes de le faire !
Plus précisément encore, et pour autant que les opérativités numériques problématisent les cadres institués de la scénarité, et pour autant que ces cadres sont essentiels à la définition d’un public comme tel, on peut faire le pari heuristique qu’à suivre ces problématisations pratiques du “faire public”, on avancera en direction d’une relève, cette fois théorique, de cette problématisation – si l’on veut, en direction de “ce que faire public veut dire”.




!!!extranautes

'''Internautes, extranautes, « on- et off- line ».'''


Dès son point d’origine LOCUS SONUS a inscrit sa problématique dans cet entre deux – incarné par le « / » de « audio/réseau » -- du on et off line.
Mais également dés son origine, il s’est donné comme but de travailler cette “barre”, c'est-à-dire de la faire jouer dans les deux registres en tension du “soit/soit” (opposition exclusive) mais aussi du “et et” (opposition inclusive) : et en réseau et en espace propre.
Or cette exploration des possibles d’adjonction entre les topologies d’engagements médiatés (par le réseau) et celles qui reposent sur des (im)médiations de coprésence est synchrone avec la manière dont les sociologies qui travaillent sur la question du numérique ont récemment reconfiguré leur objet. Ceci définit alors un autre point de recoupe.

Barry Wellman spécialiste des réseaux est le premier à avoir ouvert cette piste. On lui doit, notamment, d’avoir non seulement mis en évidence qu’on ne pouvait corréler une montée des relations « on line » à une diminution de celles-ci « off line », mais surtout d’avoir montré que bien des relations « off line » supposaient du « on line » pour se développer. Travaillant ainsi sur l’espace social des premiers quartiers résidentiels connectés informatiquement, il a fait ressortir que, d’une part on n’assistait pas à un tarissement des relations « flesh and bones », mais que, d’autre part, leur développement était rendu possible par une première vague de contacts virtuels (e-mails en l’occurrence).

Plus récemment on notera le déplacement de perspectives qui marque les travaux de Howard Rheingold, passant d’une problématisation en termes de “communauté virtuelle” à une autre qui, sous la figure emblématique des “smart mobs”, interroge les capacités du virtuel à susciter des communautés réelles, que dira-t-on, le “réel ne pouvait jusque là s’offrir”.
Des observations que nous menons permettent, dans le même sens, d’aborder la question des engagements réels versus en réseaux, non plus simplement en termes de bascule (passer d’un registre dans l’autre; jongler, si l’on veut), mais plutôt en termes de relève et de relance, en suivant donc les engendrements relationnels qui prospèrent d’osciller entre relations médiatées et de coprésence.
Mais on peut franchir un pas supplémentaire dans ces dynamiques d’engendrement en relevant que certaines pratiques, d’abord cultivées on line, ont initié des explorations visant à les répliquer off line. On en trouvera un exemple emblématique dans cette métaphore du “blind date” caractéristique des sites de rencontre virtuelles, qui s’est trouvée répliquée là encore « flesh and bones » dans l’éclosion de sites bien réels de rencontres bien réelles, mais plongées dans le noir (restaurant où les convives mangent dans l’obscurité, avant que, plus tard, la lumière ne soit !).

Ici la sortie du net – cette sorte de mouvement « extra naute » -- porte moins sur des prolongements relationnels que sur des transports (le sens littéral du mot « métaphore » soit dit en passant) de formats interactionnels.

On trouvera un semblable exemple (quoique plus diffus) de la vulnérabilité de nos cultures pratiques héritées après passage au “tamis” du net, dans les modalités même de cette écriture publique qu’est l’écriture journalistique, et dont on peut penser qu’elle viendra à être affectée par la forme blog : c’est du moins une hypothèse que Daniel Schneiderman esquisse dans une récente chronique du quotidien Libération (daté du 12/01/07).

Ce qui se dessine ici comme piste à creuser a pour effet d’inverser la fameuse thématique du transvasement du monde réel dans le monde virtuel et de rendre sensible au mouvement complémentaire selon lequel le Web pourrait certes être compris comme un vase mais dans lequel se concocteraient des formats interactionnels ou syntaxiques que rien n’empêcherait de se déverser dans le “monde réel” permettant ainsi aux acteurs sociaux d’y tester d’autres prises ou d’autres manières d’y prendre langue.

Mais, plus généralement, et pour autant que le débat reste ouvert sur le contenu qu’il convient d’affecter à l’acronyme “Web 2.0”, on proposerait de considérer qu’il consigne un excès possible d’un cadrage jusqu’ici prévalant, et qui situait la toile et son autre – le monde réel et la multitude proliférante de ses utilisateurs -- dans un rapport de vis-à-vis (ou bien, et sous la thématique des mondes virtuels, comme un espace possible de vis-à-vis entre internautes).

A cet égard les nouvelles opérativités du Web ont beaucoup à voir avec les possibilités de rebonds et de réactions tierces qu’elles ménagent désormais (commentaires de blogs, interventions sur des plateformes contributives, formulations et déplacements des taxinomies – « folksonomies »--. Dans tout ceci le Web se déplie comme un espace d’interventions sur lesquelles on peut alors intervenir ; et ce n’est pas que ces interventions sur interventions miment la vie sociale, c’est plus simplement qu’elles l’accomplissent d’autant mieux qu’elles en rejouent la nervure fondamentale. Ce possible initie en tous cas des collectifs qui ne sont peut être rien d’autre que des chambres évanescentes de déploiement d’inter réactions, mais, d’un autre point de vue, bien de nos engagements en collectifs et dans la vie réelle, ne sont tramés par rien d’autre que cela, et ne survivent pas, dés lors que ces inter réactions viennent à se tarir (même les réseaux meurent de ne plus être alimentés - selon H. White -).

Quoiqu’il en soit de la consistance et de la destinée de ces collectifs générés sur la toile, on marquera -- et dès lors qu’on prête attention à la possibilité d’intervention tierce -- que :

1) On leste la figure idéale de l’interactivité d’une portée bien plus ouverte que celle à laquelle nous confinait l’équivalence obligée entre interface et interactivité, laquelle équivalence enfermait en quelque sorte dans ce dialogue solitaire entre un homme et sa machine,

2) On se donne un concept du Web comme d’un espace d’interventions dans lequel, et par le “passage en toile”, s’enlèvent des connexions qui ne lui préexistaient pas, si bien qu’on se trouve avec la double figure d’un web qui ne cesse de sortir autre chose de lui-même, en même temps que, et du fait, qu’il est capable d’extraire de cette collection de collectifs qu’est une société, ce qu’on pourrait appeler des assortiments supplémentaires.


!!!Modalités de travail
(adoptées par le laboratoire LAMES)
''L’ouverture de ce chantier, et l’accent qui y sera mis sur les coordonnées pragmatiques dans lesquelles se cristallisent des publics, dans lesquelles ils ajustent et orientent leurs attentions, imposent un type de documentation qui permette un relevé fin des interactions qui se nouent dans le cours des performances artistiques qui nous intéressent (celles faisant usage, quoique diversement, d’opérativités numériques).
Une base soutenue et consistante d’observations filmées (Clémentine Maillol) soutiendra donc l’enquête sociologique.
On se propose (mais ce travail a déjà commencé), de « couvrir » une grande diversité d’événements publics mettant en jeu les usages artistiques du numérique, tout en suivant les évolutions des expérimentations de LOCUS SONUS, en axant ce suivi audio visuel sur ce qu’on appellera la “composante public” de ces expérimentations.
Ce travail d’enquête donnera lieu à une première restitution à mi parcours.
Cette restitution sera d’abord adressée à l’ensemble de l’équipe, de manière à ce qu’on puisse l’inscrire en amont du premier symposium et discuter ainsi en public des enseignements qu’on peut en tirer.
L’objectif de cette première étape sera alors, en aval du symposium, de pouvoir – et de manière corrélée – d’une part infléchir l’enquête sociologique en direction du recueil d’éléments d’information qui se seront avérés pertinents, et d’autre part d’infléchir les expérimentations de LOCUS SONUS selon des lignes de questionnements résonantes.''


!!SIGNIFICATION DE L’APPARITION DES FLUX COMME FORME D’EXPRESSION
(streaming, podcast, myspace, etc.)

!!!remote/local
En s’appuyant sur le projet actuel du laboratoire, Locustream, basé sur l’ouverture de streams (micros ouverts) en des localités géographiques et maintenus par des collaborateurs (artistes, chercheurs):

* '''Flux - renouvellement continu des contenus'''. Quelle est l'importance de la cadence/rythme? continu, journalier, irrégulier (blog - podcast). La notion du temps réel n'est-elle pas désuette ? - par contre les nouvelles formes d'expression ne sont-elles pas basées essentiellement sur la notion de renouveau (remise à jour) ? - révolution dans la notion de représentation sur la question de la multidimensionnalité (1).
À partir de la pratique expérimentale des flux streamings (pose de micros ouverts, développement de l’environnement serveur, explorations de traitements à la source des prises microphoniques, traitements d’écoute), se développent la construction de dispositifs précis de captation et de transmission. De la pratique continue de l’écoute, plusieurs procédures d’enregistrement (dans une modalité de “ralentissement” de ces flux continuels) sont abordées:
- l’interprétation voire la traduction par l’écriture descriptive des événements et des non-événements (Esther Salmona)
- l’enregistrement systématique de séquences sonores, de leur interprétation via des mixages et des traitements, et leur réinjection par la construction de podcasts pour produire de nouvelles écoutes et réceptions (Nicolas Bralet)

Une des caractéristiques du Web 2.0 est la transformation de toute forme de média en flux d'une manière ou d’une autre. Est-ce que l'on peut considérer que ce nouveau comportement désigne une rupture avec la pensée artistique "traditionnelle" pour laquelle le rôle de l'œuvre, tout au moins de l'œuvre plastique, est liée à la mémoire et à la conservation (peinture, sculpture, photographie, enregistrement ) ?
En effet contrairement au Web “1.0” dans lequel les sites et pages étaient conçues dans une pensée de permanence (relative), le Web 2.0 n'accepte pas l'immobilité. Les fils RSS, blogs, liens "amis" etc. contribuent à un système où le dynamisme domine par rapport au "contenus" - un site qui n'est pas renouvelé cesse d'exister. Est-ce que ces nouveaux modes de diffusion contribuent à une véritable modification du statut des médias ?

* '''Réseaux - électroniques, humains, streams, l'implosion de la distance - sa réinterprétation (réincarnation du territoire) dans l'espace local'''.
Le dispositif Locustream s’est développé à partir de la captation continue de points de prise de son en des lieux géographiques répartis (dans différents points du globe). L’activation et la réalisation de ce dispositif ont demandé la construction de différents modules (dispositifs eux-mêmes): module de streaming/captation, module serveur / relais de diffusion, module de transduction / reconnaissance automatisée /réception , etc. La structure du dispositif est invisible: soit les points d’accroche sont très localisés (micros, récepteurs), soit l’innervation électronique est en réseau, rendant ainsi la distance entre émission et réception comme étant synchrone et sans distance. Comment chaque unité entreprend-elle la prise en compte et la restitution de la structure géographique en réseau?

* '''Expérimentation des formes - Performance, Installation, interfaces utilisateurs (browsers logiciels distribués). Spatialisation, dispositifs d’écoute.'''
Le laboratoire LOCUS SONUS a très vite entrepris d’expérimenter des formes et de mettre en œuvre des réalisations publiques. Les premières réalisations ont donné lieu à des installations sonores (dispositif déployé dans un espace permettant la réception et le jeu des streams) à la fois “performées” par le public et par les membres de l’équipe (Lydwine Van der Hulst). Ceci nous a conduit à considérer plusieurs modes actifs de mobilisations du public et d’interroger les basculements entre installation et performance à partir d’un même dispositif. La question de l’incorporation (la prise en compte des corps) a été immédiate, le dispositif installation/performance “disposé” dans l’espace physique par l’utilisation des cordes en tant que “tuners” de streams. Ces conduites “spatiales” des écoutes (individuelles et collectives) amènent à “lire” dans l’espace - curseur - des moments sonores contrôlés par le déplacement. Les distances à parcourir sont des interprétations d’écoute de flux sonores continus et distants.
Dans le même temps, le serveur-relais pour les streams étant rendu accessible sur le site internet locusonus.org, nous avons pu considérer d’autres positions d’écoute à partir d’interfaces actualisées sur les flux et actives autant pour les émetteurs, les récepteurs et les auditeurs externes. L’écoute mobilise ainsi le flux sur une chronicité qui est celle de l’auditeur (celui-ci ou celle-ci construit son écoute, ce qui inverse la situation traditionnelle de l’objet écouté qui focalise l’auditeur).
Le traitement de l’espace physique de l’installation/performance devient une question majeure au sujet de la restitution sonore, c’est-à-dire de la spatialisation. Plusieurs pistes sont aujourd’hui ouvertes et en chantier quant à la spatialisation sonore constituant le “lieu” de l’installation / performance (Sabrina Issa) et quant à la construction de dispositifs d’écoute (Nicolas Bralet).


'''Comment la construction spatiale de la diffusion peut-elle répondre à la multiplicité des écoutes (et des émissions) et des interprétations ainsi qu’à la mise à jour continuelle des flux?

En quoi ces dispositifs peuvent devenir des “appareils d’écoute” (voire des instruments d’écoute) bouleversant la logique de focalisation qui domine les pratiques de “réception” ? (2)

Comment la mise en jeu d’échelles différenciées et hétérogènes (la provenance des flux, leur permanence et mise à jour, leurs traitements, etc.) peut déterminer et constituer des problématiques de construction d’espaces et de diffusions?'''

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''(1) voir textes Jean Cristofol
(2) voir textes Jean Cristofol''
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!!IMPACT DES TECHNOLOGIES MOBILES SUR L’EXPRESSION ARTISTIQUE

!!!mobilité
L’équipe explore des configurations mobiles à partir des “instruments” et “appareils” expérimentés depuis le début du programme:
- streamer: environnement logiciel (PureData, Linux), environnement accès réseau (routeur) et environnement serveur (Icecast, PHP, mySQL), articulé à des capteurs microphoniques
- capteur pilotable: microphone parabolique wireless avec un développement des contrôles de captation et de traitements sonores

Les développements proposés sont dirigés vers l’extension du réseau actuel dans l'espace portatif:

* investigation de l'espace sonore mobile personnel (par ex. téléphonie mobile) (Nicolas Maigret)
* élargissement de cet espace vers le collectif (one to many - many to many)
* extension de l'espace vers des outils de création audio-numérique (incorporation de microphones de bonne qualité): remote performance en temps réel, remote streambox, etc.
* exploration de la modification de l'espace via le wireless - projet wireless parabolic mike& camera - (Collaboration avec le STEIM Amsterdam, l’ESA d’Aix-en-Provence, V2 Rotterdam)

La question de la mobilité devient cruciale et poursuit l’interrogation des points de vue que nous avons abordé plus haut à propos des pratiques de réception et d’émission. L’appareillage mobile et portable est devenu notre environnement de proximité autant pour recevoir que pour capter. Le portage des systèmes (et des programmes) dans des appareils de plus en plus “maniables”, autonomes du point de vue de leur énergie, légers et sans fil, induit les possibilités d’inter-communications d’appareil à appareil et de transferts d’informations (data, médias) pour contrôler ou alimenter des données sans les contraintes d’un contexte équipé.

Dans le cadre du projet Locustream, ces questions concernent plusieurs éléments du dispositif:
* penser le point d’émission non plus comme un point fixe mais comme un point mobile par le développement d’une streambox issue du développement picoIP (par Jean-Pierre Mandon, ESA Aix-en-Provence en collaboration avec SAIC Chicago) et de la collaboration avec V2 Rotterdam (unité mobile de captation microphonique et de streaming audio: wireless à énergie solaire, adresse IP, système Linux, PureData)
* permettre à la fois la réception et l’écoute de streams et la transmission de données traduites via la téléphonie mobile (soundtoys)
* développer l’instrument de captation (wireless parabolic mike & cam) utilisé dans les performances, pour le traitement direct des sélections sonores environnementales (développement et recherche en collaboration avec le STEIM Amsterdam)