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Dernière modification : 2008/02/24 10:02

Ce projet de recherche s’appuie sur le dispositif LOCUS SONUS, projet de post-diplôme de l’École Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence et de l’École Nationale Supérieure d’Art de Nice Villa Arson. Ces deux Écoles explorent depuis la création de son option de recherche dans le champ croisé de l’art, des sciences et de la technologie, les possibilités qu’offre la création sonore, qu’elles soient de nature autonome, qu'elles engagent des opérabilités transdisciplinaires, ou qu'elles soient interactives dans des dispositifs physiques ou virtuels. L’exploration de la création en réseau sur les supports télématiques et dans le cadre d'environnements partagés et collectifs donne au son et à la recherche audio un caractère prospectif et inédit sollicitant le développement de nouveaux dispositifs et environnements de production et de diffusion artistique. L’ESA d’Aix et l’ENSA de Nice proposent donc sur la base de leurs ressources pédagogiques actuelles et de celles de leurs partenaires artistiques, pédagogiques, institutionnels, universitaires ou de recherche, d'élargir, d'enrichir et de compléter un domaine de recherche dans le champ intermédia de la création plastique qui nécessite un approfondissement tant par l’expérimentation que par la recherche théorique.

Tout en s’appuyant sur une histoire identifiée, l’inscription des pratiques sonores dans les arts plastiques offre aujourd’hui une réalité foisonnante que cela soit dans les expositions au travers de multiples propositions artistiques mais aussi au sein des Ecoles d’Art sous la forme d’investigations pédagogiques assez inédites et informant des pratiques et des spécificités qu’il nous faut aujourd’hui observer et tenter d’analyser.

La création sonore a accompagné depuis plusieurs décennies l’essor des technologies en sciences comme en art en anticipant ou en détournant des usages et en énonçant des perspectives favorisant des pratiques émergentes expérimentales. Celles-ci ont continuellement requestionné et enrichi les formes de réprésentation telles que l'exposition et l'événement public.
La question aujourd'hui que nous souhaitons soutenir serait de voir en quoi les pratiques sonores et audio deviennent un territoire de recherches et d'innovations en art permettant de déterminer des spécificités propres et des enjeux définis, tout en favorisant des dialogues et des échanges entre des domaines de pratiques et des manières de faire.

Tout en considérant que les pratiques sonores et audio ont toujours marqué historiquement des positionnements artistiques radicaux, critiques et novateurs à propos des modalités des pratiques d’exposition et des formes événementielles spectaculaires, il nous semble essentiel d'investir à nouveau de manière théorique et expérimentale un espace d'évaluation et de valorisation des pratiques de production et de monstration liées à ce champ singulier.

Les solutions et les inventions abordées par ces pratiques ont permis le développement d'outils et d'organologies dont les spécificités et les singularités sont liées à des aspects polymorphes, mobiles et modulaires permettant à la fois une ouverture sur l'articulation avec d'autres mediums (media) et une réflexion originale sur les possibilités de traitement et d'enrichissement de l'espace (plastique) ainsi que sur les perspectives de modes de production et de diffusion liés aux environnements (dispositifs) en réseau.

En sollicitant dès le début du programme Samuel Bordreuil, directeur de recherche du LAMES, pour participer au Conseil Scientifique de LOCUS SONUS, il nous est apparu clairement que le fonctionnement et l’engagement de notre laboratoire dans des méthodologies à la fois de l’ordre de l’expérimentation (contrôlée) et de la restitution / transmission de celles-ci (en dehors de la circulation d’œuvres “résultantes” vers le marché de l’art ou vers les périmètres institutionnels), nécessitait la collaboration avec d’autres lieux de recherche. Dans les développements que nous suscitons au sein de notre programme, beaucoup font appel à des “désajustements” actuels par le fait qu’ils font appel à des actions de présence liées à des environnements fortement “technologisés” et “socio-techniques”. Les conversations ainsi amorcées lors de ces deux dernières années ont été de l’ordre de séances de “ping-pong” plus ou moins informelles engageant chacun de notre côté à rester en “veille” et attentif aux sollicitations et interrogations d’un laboratoire vers l’autre. L’activité de “feed-back” a dynamisé notre relation et nous a permis de discerner les apports significatifs qui sont devenus aujourd’hui essentiels dans nos démarches de recherche.
Les dimensions “sociales” abordées dans nos expérimentations au sein de LOCUS SONUS dépassent l’échelle de nos investigations, d’où la nécessité de renforcer le travail commun entre un laboratoire artistique et un laboratoire de sociologie.