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ci-dessous une série de points qui sont évoqués dans les dossiers qui suivent Audio Geo et Audio Sites : c'est-à-dire les dossiers Audio Extranautes et Audio Urbain et Étendu.
L'idée est de mettre des points d'accroche sur les ouvertures de questions sur lesquelles le laboratoire travaille depuis oct 07.




''points à ouvrir :


* questions du micro-politique


* (Flux/Lieux, Dispositif/Performance, Collectif/Réseau)

* L’objet principal de notre programme Audio Extranautes investit les questionnements relatifs à l’interaction des espaces physiques et numériques (Internet, web 2.0, téléphonie, etc.) dans des dimensions sociales locales et collectives, questionnements mis en expérimentation dans les pratiques artistiques numériques sonores actuelles. Audio Extranautes, nouvelles perspectives de l’espace acoustique via les réseaux électroniques (TIC) ouvre plusieurs axes de recherche menés conjointement par les deux laboratoires:

• manifestations dans l’espace physique des projets en réseau (extranautes, mondes virtuels) (nouvelles scénarités)
(on- et off-line, relève et relance des engagements réels et dans les réseaux, répliques, du virtuel au physique et vice-versa) (triangulations entre espace en réseau, espace virtuel et espace physique) (variations des assiettes spatiales, lieux et distances, parages, sillages, faire public)

• signification de l’apparition des “flux” comme forme d’expression (streaming, podcast, myspace, etc.)
- remote/local (flux et streaming, réinterprétations dans l’espace local)

• impact des technologies mobiles sur l’expression artistique (téléphonie mobile, interfaces de performance wifi - STEIM, picoIP -)
- mobilité (extension du réseau dans l’espace portatif)


* Les 3 axes de recherche mobilisés par les deux laboratoires se proposent d’ouvrir un champ d’attention et d’expérimentation autour de l’intrication et l’innervation des “espaces” vus comme différenciés (en réseau, physique et virtuel) du point de vue des pratiques sonores numériques et des étendues acoustiques et du point de vue de la sociologie. Ils se problématisent sur l’interrogation et l’instabilité de ce que l’on entend habituellement par “coupures” ou “frontières” entre le numérique et le physique, et de ce que l’on comprend par “temps réel” et par “différé” (ou fixe) au regard de l’expérimentation des flux.
C’est l’exploration des espaces acoustiques qui est menée dans le cadre du laboratoire LOCUS SONUS ainsi que l’approche de nouvelles distinctions, voire de capacités, de l’instance “auteur” et de celle “auditeur”, au travers des développements conjoints, artistiques et industriels, des environnements en réseau.
La notion d’extranaute est au cœur de ces problématiques. Il ne s’agit pas de prendre cette notion dans sa définition courante (1), mais de l’interroger dans un sens élargi, de l’individu naviguant et actant dans des va-et-vient entre le on-line et le off-line.

(1) Utilisateur d'un extranet. Un extranet est un réseau informatique sécurisé, généralement constitué d'une partie de l'intranet d'une entreprise ou d'une organisation communiquant à travers le réseau Internet, qui est accessible à une clientèle externe ciblée devant utiliser un mot de passe. Le terme extranaute a été formé sur le modèle d'internaute, lui-même issu de la contraction des mots INTERnet et astroNAUTE.




* dispositif de micros ouverts streamant continuellement) et des dispositifs d’installations (Locustream tuner), le laboratoire LOCUS SONUS s’implique dans l’investissement d’un espace virtuel public (Second Life) pour y expérimenter et développer des dispositifs acoustiques.

Les questions posées partent de trois points qu’il s’agira de problématiser et d’expérimenter:

• Est-il possible de créer des liens triangulaires entre l'espace géographique entendu transporté (porté) par le réseau (projet streaming), l'espace virtuel, et la manifestation en local (installation)?

• Est-ce que l'espace "Second Life" peut servir de zone-test pour certaines formes artistiques (ou bien être porteur de nouvelles formes artistiques), et revenir dans l'espace physique ?

• Quelles seront les conséquences (modification de perception de l'espace réel) générées par ces passages?



* remote/local

En s’appuyant sur le projet actuel du laboratoire, Locustream, basé sur l’ouverture de streams (micros ouverts) en des localités géographiques et maintenus par des collaborateurs (artistes, chercheurs):

• Flux - renouvellement continu des contenus. Quelle est l'importance de la cadence/rythme? continu, journalier, irrégulier (blog - podcast). La notion du temps réel n'est-elle pas désuette ? - par contre les nouvelles formes d'expression ne sont-elles pas basées essentiellement sur la notion de renouveau (remise à jour) ? - révolution dans la notion de représentation sur la question de la multidimensionnalité (1).
À partir de la pratique expérimentale des flux streamings (pose de micros ouverts, développement de l’environnement serveur, explorations de traitements à la source des prises microphoniques, traitements d’écoute), se développent la construction de dispositifs précis de captation et de transmission. De la pratique continue de l’écoute, plusieurs procédures d’enregistrement (dans une modalité de “ralentissement” de ces flux continuels) sont abordées:
- l’interprétation voire la traduction par l’écriture descriptive des événements et des non-événements (Esther Salmona)
- l’enregistrement systématique de séquences sonores, de leur interprétation via des mixages et des traitements, et leur réinjection par la construction de podcasts pour produire de nouvelles écoutes et réceptions (Nicolas Bralet)

Une des caractéristiques du Web 2.0 est la transformation de toute forme de média en flux d'une manière ou d’une autre. Est-ce que l'on peut considérer que ce nouveau comportement désigne une rupture avec la pensée artistique "traditionnelle" pour laquelle le rôle de l'œuvre, tout au moins de l'œuvre plastique, est liée à la mémoire et à la conservation (peinture, sculpture, photographie, enregistrement ) ?
En effet contrairement au Web “1.0” dans lequel les sites et pages étaient conçues dans une pensée de permanence (relative), le Web 2.0 n'accepte pas l'immobilité. Les fils RSS, blogs, liens "amis" etc. contribuent à un système où le dynamisme domine par rapport au "contenus" - un site qui n'est pas renouvelé cesse d'exister. Est-ce que ces nouveaux modes de diffusion contribuent à une véritable modification du statut des médias ?



• Réseaux - électroniques, humains, streams, l'implosion de la distance - sa réinterprétation (réincarnation du territoire) dans l'espace local.
Le dispositif Locustream s’est développé à partir de la captation continue de points de prise de son en des lieux géographiques répartis (dans différents points du globe). L’activation et la réalisation de ce dispositif ont demandé la construction de différents modules (dispositifs eux-mêmes): module de streaming/captation, module serveur / relais de diffusion, module de transduction / reconnaissance automatisée /réception , etc. La structure du dispositif est invisible: soit les points d’accroche sont très localisés (micros, récepteurs), soit l’innervation électronique est en réseau, rendant ainsi la distance entre émission et réception comme étant synchrone et sans distance. Comment chaque unité entreprend-elle la prise en compte et la restitution de la structure géographique en réseau?


• Expérimentation des formes - Performance, Installation, interfaces utilisateurs (browsers logiciels distribués). Spatialisation, dispositifs d’écoute.
Le laboratoire LOCUS SONUS a très vite entrepris d’expérimenter des formes et de mettre en œuvre des réalisations publiques. Les premières réalisations ont donné lieu à des installations sonores (dispositif déployé dans un espace permettant la réception et le jeu des streams) à la fois “performées” par le public et par les membres de l’équipe (Lydwine Van der Hulst). Ceci nous a conduit à considérer plusieurs modes actifs de mobilisations du public et d’interroger les basculements entre installation et performance à partir d’un même dispositif. La question de l’incorporation (la prise en compte des corps) a été immédiate, le dispositif installation/performance “disposé” dans l’espace physique par l’utilisation des cordes en tant que “tuners” de streams. Ces conduites “spatiales” des écoutes (individuelles et collectives) amènent à “lire” dans l’espace - curseur - des moments sonores contrôlés par le déplacement. Les distances à parcourir sont des interprétations d’écoute de flux sonores continus et distants.
Dans le même temps, le serveur-relais pour les streams étant rendu accessible sur le site internet locusonus.org, nous avons pu considérer d’autres positions d’écoute à partir d’interfaces actualisées sur les flux et actives autant pour les émetteurs, les récepteurs et les auditeurs externes. L’écoute mobilise ainsi le flux sur une chronicité qui est celle de l’auditeur (celui-ci ou celle-ci construit son écoute, ce qui inverse la situation traditionnelle de l’objet écouté qui focalise l’auditeur).
Le traitement de l’espace physique de l’installation/performance devient une question majeure au sujet de la restitution sonore, c’est-à-dire de la spatialisation. Plusieurs pistes sont aujourd’hui ouvertes et en chantier quant à la spatialisation sonore constituant le “lieu” de l’installation / performance (Sabrina Issa) et quant à la construction de dispositifs d’écoute (Nicolas Bralet).


Comment la construction spatiale de la diffusion peut-elle répondre à la multiplicité des écoutes (et des émissions) et des interprétations ainsi qu’à la mise à jour continuelle des flux?

En quoi ces dispositifs peuvent devenir des “appareils d’écoute” (voire des instruments d’écoute) bouleversant la logique de focalisation qui domine les pratiques de “réception” ? (2)

Comment la mise en jeu d’échelles différenciées et hétérogènes (la provenance des flux, leur permanence et mise à jour, leurs traitements, etc.) peut déterminer et constituer des problématiques de construction d’espaces et de diffusions?

(1) et (2) références textes Jean Cristofol





* mobilité

L’équipe explore des configurations mobiles à partir des “instruments” et “appareils” expérimentés depuis le début du programme:
- streamer: environnement logiciel (PureData, Linux), environnement accès réseau (routeur) et environnement serveur (Icecast, PHP, mySQL), articulé à des capteurs microphoniques
- capteur pilotable: microphone parabolique wireless avec un développement des contrôles de captation et de traitements sonores

Les développements proposés sont dirigés vers l’extension du réseau actuel dans l'espace portatif:

• investigation de l'espace sonore mobile personnel (par ex. téléphonie mobile) (Nicolas Maigret)
• élargissement de cet espace vers le collectif (one to many - many to many)
• extension de l'espace vers des outils de création audio-numérique (incorporation de microphones de bonne qualité): remote performance en temps réel, remote streambox, etc.
• exploration de la modification de l'espace via le wireless - projet wireless parabolic mike& camera - (Collaboration avec le STEIM Amsterdam, l’ESA d’Aix-en-Provence, V2 Rotterdam)

La question de la mobilité devient cruciale et poursuit l’interrogation des points de vue que nous avons abordé plus haut à propos des pratiques de réception et d’émission. L’appareillage mobile et portable est devenu notre environnement de proximité autant pour recevoir que pour capter. Le portage des systèmes (et des programmes) dans des appareils de plus en plus “maniables”, autonomes du point de vue de leur énergie, légers et sans fil, induit les possibilités d’inter-communications d’appareil à appareil et de transferts d’informations (data, médias) pour contrôler ou alimenter des données sans les contraintes d’un contexte équipé.

Dans le cadre du projet Locustream, ces questions concernent plusieurs éléments du dispositif:
- penser le point d’émission non plus comme un point fixe mais comme un point mobile par le développement d’une streambox issue du développement picoIP (par Jean-Pierre Mandon, ESA Aix-en-Provence en collaboration avec SAIC Chicago) et de la collaboration avec V2 Rotterdam (unité mobile de captation microphonique et de streaming audio: wireless à énergie solaire, adresse IP, système Linux, PureData)
- permettre à la fois la réception et l’écoute de streams et la transmission de données traduites via la téléphonie mobile (soundtoys)
- développer l’instrument de captation (wireless parabolic mike & cam) utilisé dans les performances, pour le traitement direct des sélections sonores environnementales (développement et recherche en collaboration avec le STEIM Amsterdam)
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Dans le cadre de la réflexion sur la fluidité des flux, l'interrogation des points, en tant que lieux locaux et situés, sédentaires, c'est-à-dire d'où l'on émet et d'où l'on reçoit, a été envisagée lors des derniers symposiums Audio Sites et Audio Geo, mais que se passe-t-il lorsque ces mêmes points se déplacent simultanément, sont mobiles, c'est-à-dire changent continuellement d'espaces? ils naviguent (-nautes) entre et d'un point à un autre (extra-, hors de). Les points fixes sont mobiles, stables et instables, sont continuellement situés, incorporés, découvrant des espaces différents de réception, d'écoute et d'émission, de captation. Ils fluctuent tout en étant singuliers. Ils sont à expérimenter et à éprouver car il n'y a plus d'aplomb et de centre d'interprétation. Tout en fluctuant ils jouent des espaces traversés, des résonances de ceux-ci, des répercussions et impacts rendus acoustiques de ce qui serait sans résonance et sans sympathie, anacoustique. L'un pour l'autre, ces points sont virtuels, quelque soit le lieu. Seuls les imaginaires excités par ces fantômes reconstituent ces espaces distants (la désignation ou la localisation du lieu est-elle importante ?). Chaque auditeur, chaque "streameur" imagine l'autre à partir de ses mémoires et de ses perceptions: de lieux, de contextes, de gestes, etc. L'un s'imagine composant l'autre, l'étendue de l'autre, l'étendue de son espace.

Dans le flux il y a écoulement, écoulement sans destination, sans que le destinataire soit a priori désigné. L'émetteur/expéditeur est localisé, son microphone sélectionne un périmètre et un volume difficilement stable. Le destinataire impromptu règle son écoute de l'impermanence du flux permanent. Les interfaces (dispositifs et installations) permettent de "répéter" l'écoute sans grapher ce qui s'écoule, ce qui est non itératif. Les dispositifs (développés par le laboratoire) sont itératifs, leur contenu non (les flux streamés), car celui-ci est continuellement mis à jour : nous n'en percevons que son actualité à distance et ses sillages en différé (persistances et résistances).
Est-ce que le gramme du son (gramophone), – ou bien faut-il envisager aussi le gramme de l'écoute ? –, amène à constituer des pratiques et des écritures possibles à partir des dispositifs et des appareils de streaming et de réception que nous développons ? L'auditeur diffère et révèle les dispositifs de composition et d'écoute par ses propres expériences des appareils. L'espace auditeur est, aujourd'hui et pour l'instant, physique (proprioperceptif), tout comme celui de l'émetteur, ouvrant dans ses contextes fenêtre après fenêtre – fenêtre mobile de la captation sonore –. L'interaction n'est actuellement possible qu’à l’aide des dispositifs (Tuner, Promenade, SoundMap, etc.), ceux-ci étant imprégnés des captations en direct, des matériaux inattendus incessamment rafraîchis, mis à jour et qui échappent toujours, alors que l'on y répète ses gestes et ses parcours. Pourtant l’appréhension des localités et le tissage de ces localités ne sont pas embrassés par l'auditeur, à part dans l’imaginaire et les fictions qui se dégagent de ces images et fenêtres sonores. Nous lui signifions le nom du local (par exemple par la projection du nom du lieu de l'émission, ou encore par les informations locales quant à la description textuelle et visuelle fournie par les ouvreurs de streams), sans que cet auditeur n’envisage simultanément et d’emblée les autres permanences, en attendant qu'une pratique des lieux virtuels en naisse. Le dispositif relie les lieux. Mais comment ?

Au sein des projets du laboratoire de recherche, les pratiques de relations et d'interconnexions entre lieux peuvent construire des sympathies, des résonances et des dissonances. Ce qui est sympathique est invisible, il doit être excité à bonne longueur d'onde pour qu'il se détache des apparences physiques. Le lieu volume peut devenir acoustiquement plus habité qu'habituellement (l’habitude des espaces visuels), complexé de facettes nombreuses et de situations variées des corps lorsqu'on le fait résonner. Le croisement et la concomitance des espaces deviennent des résonances qui interagissent entre elles; lorsque les corps d'écoute se déplacent, ils changent le paysage. Toute résonance est éprouvée et donne la perception de sa propre localité (en tant qu'émetteur et en tant qu'auditeur).
Qu'en est-il lorsque les corps ne croisent pas les espaces résonants dans leur physicalité, lorsque les modèles résonants sont transmis à distance (à l’instar du projet Silophone du collectif canadien The User) ou sont construits dans des espaces anacoustiques (Second Life), puis réinjectés, repliés dans l'espace physique d'écoute ? Le stream (sonore) recompose des espaces et des étendues par la reconnaissance, par les mémoires, par la signature des contextes, des sites et des lieux ; de son côté le stream d'espaces (d'excitation et de résonance) compose de tiers espaces à définir.

De contextes stables (du lieu d'émission, du lieu d'écoute, du lieu du dispositif) nous en mesurons à présent les instabilités et les variabilités lorsque les sympathies (d’espaces, de sons, etc.) entrent en jeu : situations, ambiances, immersions, environnements, etc. – autant de termes et de pratiques à explorer par la suite dans notre recherche – . L'abord public devient en supplément expérientiel, plus navigant, plus variable, plus constitutif, passant d'un espace à un autre, d'un voisinage à un autre. L'espace paradoxal (numérique, résonant et calculé) prend-il une physicalité et une matérialité plus grandes par l’accroissement des imaginaires et des perceptions imaginées ? Nos espaces physiques ne s'y retrouvent-ils pas plus agrandis, plus étendus, largement perçus, amplifiés et modifiés ?
Le rôle de l’imagination (ou plus exactement de la fiction) oscille entre mimétisme et reconnaissance : la pratique des espaces sonores numériques, ou mieux virtuels, non seulement influe sur nos perceptions dans les environnements physiques mais modifie, courbe, également celles-ci et enfin initie des pratiques et des perceptions physiques indexées sur la virtualisation et pourtant bien réelles et éprouvées. Il s’agirait de les distinguer et de mettre à jour cette translation des pratiques virtuelles (et en réseau) dans nos contextes, tant nous connaissons le mouvement inverse, celui de ramener (mimétiquement) dans le virtuel nos activités physiques et la simulation de nos perceptions.

Une des activités et des expérimentations développées par le laboratoire Locus Sonus porte sur le transport d’environnements sonores par les appareils, les techniques et les technologies de streaming. Le stream ouvre la possibilité de creuser un sillon : celui des pratiques de paysages sonores partagés. Ce point de vue pourrait être à nouveau ré-interrogé selon d’autres angles en prenant appui sur le Mémoire éponyme de Yannick Dauby (Mémoire de DEA, École de l’Image, Angoulême, 2002). Une des difficultés identifiées lors du premier symposium (Audio en espace, audio en réseau) a été d’appliquer aux matériaux issus de ces transports la qualité de paysage sonore avant même que de parler de leur « partage ».
D’un coté l’expérience du transport d’ambiance est sans doute du type « limite », mais de l’autre la visée artiste n’en n’est pas quitte, au sens où elle essaie néanmoins d’intégrer des « étendues sonores » -- ou en tous cas des sons qui emportent ou importent avec eux le sens de leur étalement, dans la construction même de ses pièces/espaces sonores (moins des sources que des bassins). S’y expérimente en tous cas un type d’écoute.

Là aussi l’expérience Locus Sonus est concernée, fût-ce à la marge, par l’esthétique de l’immersion. Cette dimension y est cependant vacillante, et plus qu’un défaut c’en est peut être une qualité. Plutôt, en effet, que de mettre l’effet immersif à la seule charge d’un dispositif (fût-il fautif), cela invite à travailler – et du coté des sciences sociales – les registres immersifs attenants à nos pratiques ordinaires. Moins, ou en tout cas tout autant qu’un effet d’artifice, l’immersion (le sens d’immersion) est une composante routinière qui nous permet de nous placer dans des espaces « naturels ». A preuve : nous sommes tous capables de discriminer nos environnements (et d’y ajuster nos gestes) selon ce que nous reconnaissons comme des ambiances attachées aux lieux.
La fragilité immersive de Locus Sonus se coltine (et du coup peut révéler) les solidités immersives du « premier monde ». Voilà un chantier qui concerne les sciences sociales. Il y a là en tout cas un plan de confrontation possible, en ce qui concerne la saisie des effets d’immersion, confrontation entre deux abords exploratoires de ces effets, les uns du coté de leur génération sensorielle, les autres du coté des prises ou des greffes de ces offres sur le déjà là de nos ambiances ordinaires.


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Dernières ouvertures :

* Audio urbain étendu
Une étude d’expérimentations artistiques basées sur l’espace sonore à multiples échelles.

Il s'agit de poursuivre les axes de recherche audio en espace et audio en réseau, développés depuis 3 ans, en mettant un accent sur la mise en espace sonore à multiples échelles, la mobilisation de l'espace sonore personnel et sur les notions de flux dans la représentation artistique sonore.

L’objet de recherche du laboratoire s’ouvre sur un champ d’investigation – le field spatialization – qui déploie une réflexion et des pratiques sur des registres prenant en compte une variété d’échelles : allant du streaming à l’acoustique, la téléphonie, la radiophonie, et aux espaces virtuels. En effet l’articulation et le déplacement entre ces objets s’effectuent dans le fil des travaux menés jusqu’à présent. Les problématiques qui s’ouvrent avec cette notion de field spatialization permettent de mieux interroger et discerner les dimensions impliquées dans les pratiques sonores d’espace et en réseau. Locus Sonus s'engage dans la construction de formes artistiques (installations et performances - dans un sens large -) et de dispositifs d’interactions de ces espaces sonores.

Les systèmes développés font appel aux interactions et aux flux entre espaces virtuels et espaces physiques en tant qu’architectures/paysages à explorer et en tant que situations « jouables » et interprétables, questionnant de nombreuses dimensions que nous engageons dans la recherche et dans les expérimentations : acoustiques, distances, publics, sociales, interfaces, dispositifs, etc. Les mises en place de ces systèmes proposent des modes de collaboration et des protocoles spécifiques, correspondant à la méthodologie du laboratoire. Celle-ci s’appuie sur un investissement des technologies et des dispositifs techniques, et sur des dialogues permanents avec les laboratoires associés (LAMES, CRESSON) pour dégager ensemble les objets communs à expérimenter.

En invitant le laboratoire CRESSON, Locus Sonus oriente ses axes de recherche vers des questions communes liées aux ambiances sonores : perception des ambiances, construction des ambiances, ambiances urbaines, pattern ambiant, ambiances publiques, etc.
Il s'agit d'élargir la réflexion autour de l'espace sonore en comparant les recherches de Locus Sonus et ses utilisations artistiques de l'audio en espace avec celles portées par le CRESSON (et plus particulièrement avec les recherches menées par Jean-Paul Thibaud), recherches qui se concentrent davantage sur la perception et la reception des données acoustiques. Un dialogue est ainsi proposé entre l'analyse, l'observation d'un ambiance sonore et l'existence d'un œuvre dans ou relative à cet espace.

Locus Sonus propose également d'introduire dans ce partenariat l'exploration des espaces sonores à différentes échelles allant du local au distant et du personnel mobile au virtuel partagé, en expérimentant différentes formes artistiques qui peuvent découler de ces télescopages. Voici quelques exemples déjà identifiés :
- field spatialization (diffusion sonore spatialisée dans l'espace public et au-delà),
- interfaces mobiles pour la performance ou happening (renouvellement du terme et du genre),
- installation sonore dans l'espace virtuel (nouvelles approches de l’installation),
- œuvres streamées (dispositifs et média variables, etc.)

Il s'agit également de développer les outils techniques en adéquation avec ces projets :
- 1/ hardware - Informatique embarquée (embedded), systèmes de captation et de diffusion.
- 2/ software - système d'exploitation (Linux) dédié aux projets, patches et systèmes développés en fonction de chaque projet artistique et mis à disposition des Écoles d'Art par la suite.


Les travaux de Locus Sonus combinent les réseaux (comme espace élargi) et l'espace local pris hors des lieux habituels de la diffusion sonore (salle de concert, salle d’exposition, par exemple). Ces recherches et expérimentations amènent à une exploration de la notion d'espace sonore artificiel et au-delà à questionner les frontières entre naturel/artificiel, virtuel/physique, local/distant, etc.

Entre 2005 et 2007, Locus Sonus a exploré un certain nombre de pistes allant dans ce sens dont certaines d’entre elles ont donné lieu à des réalisations concrètes. A chaque fois, des superpositions d'espaces sont en jeu, qui lorsqu’il s'agit de son, sont inévitablement confondus pour ne devenir qu'un seul (espace).

Le programme Audio Extranautes (flux, distance, sociabilité) a permis d’aborder les questionnements relatifs aux dimensions sociales, locales et collectives, de l'interaction entre des espaces physiques et numériques (web 2.0, Second Life, téléphonie mobile, etc.) et a ouvert trois axes principaux : manifestations dans l'espace physique des projets en réseau, signification de l'apparition des « flux » comme forme d'expression, impact des technologies mobiles sur l'expression artistique. La problématique générale interroge l'instabilité de ce que l'on entend habituellement par "coupures" ou "frontières" entre le numérique et le physique, et de ce que l'on comprend par "temps réel" et par "différé" (ou fixe) au regard de l'expérimentation des flux. Dans le cadre du laboratoire Locus Sonus, ceci concerne l'exploration des espaces acoustiques (lancée en préalable sur les notions de sympathie et de résonance) et des questions autour des media variables . La notion d'audio extranaute inclut l'approche de nouvelles distinctions, voire de capacités, entre l'instance « auteur » et celle « auditeur », qui ressortent au travers des développements conjoints, artistiques et industriels, des environnements en réseau.

Les réalisations du laboratoire se sont appuyées jusqu'à présent sur l'utilisation du streaming audio entre espaces distants et leur interprétation sous forme d'installations, de dispositifs d'écoute en ligne et de performances. Elles font appel :

- à la production et à la diffusion de multiples flux sonores captés par un réseau de microphones disséminés dans des lieux géographiques autour du globe et maintenus par des complices et des collaborateurs, via un environnement serveur spécifiquement programmé (Locustream),
- à la construction d’interfaces en ligne d’écoute, en direct et en différé, des streams et de réalisations issues de pratiques de composition et d’interprétation, à partir de ces flux audio en direct (Locustream Soundmap, Podcast),
- à la réalisation d’installations et de systèmes de corrélations spatiales et d’écoute, autour des notions de mixed realities, d’interactions remote/local, de résonances et de spatialisation, donnant lieu à des installations artistiques (Locustream Tuner, LS in SL, Locustream Promenade),
- aux développements d’appareils/instruments mobiles de performance et de captation sonore en direct, pilotables et contrôlables, permettant de streamer de point à point (Wimicam, Locustreambox).

Ces dispositifs publics développés au sein du laboratoire peuvent s'articuler les uns les autres, entre installations, dispositifs et performances, entre interfaces en ligne et espaces physiques, entre manipulations et écoutes, et interrogent les passages entre les pratiques et les formes qu'ils constituent.

Les réalisations de ces projets amènent des conditions publiques qui apparaissent à chaque fois différentes selon les lieux de présentation et d’écoute:
- espace personnel / espace distant : intrication des sons captés par des microphones dans un espace distant et diffusés dans un espace personnel (SoundMap, en ligne depuis juillet 2006 et LS in SL, dispositif d’écoute dans Second Life, développé depuis mars 2007)
- traversée espace intérieur / espace extérieur, fermé / ouvert, acoustique de salle / contexte ambiance : le public active le dispositif d’écoute (Locustream Tuner, Aix en Provence, octobre 2006)
- captations en direct dans espaces publics et privés, relayés, interprétés, réinjectés et performés d’un lieu à l’autre (les personnes présentes dans les lieux deviennent public) (Tuning the Now, Aix en Provence, avril 2007)
- immersion dans un espace urbain (Locustream Tuner, Paris, juillet 2007)
- jeux de réactions et de performances entre lieux d'émission à distance et lieu public de l'écoute (Concert Sympathique Mondial proposé par Sabrina Issa au GMEM, Marseille, septembre 2007)
- parcours d’écoute orientés par des diffuseurs (paraboles) transmettant en direct et en permanence des captations des microphones placés dans des lieux distants (échelle temporelle « infinie », dissémination spatiale dans un ou plusieurs espaces) (Locustream Promenade, Marseille, septembre 2007)
Depuis cette année, plusieurs pistes s’ouvrent en prenant en compte les problématiques engagées dans les pratiques du laboratoire dans le sens où elles débordent et englobent les questions de streaming et de spatialisation sonore dans une dimension plus investigatrice que nous avons prénommée field spatialization.

--> Second Life
--> Locative Media A partir des questions de mobilité, de connectivité et de field spatialization, le laboratoire amorce actuellement une investigation sur les questions de locative media , c’est-à-dire sur les média et dispositifs de communication liés à la localisation (rendus possibles par les technologies GPS / géolocalisation, RFID, informatique portable, téléphonie mobile, syndications sur les réseaux, etc.). Il s’agit de discerner les pratiques (artistiques) qui pourraient se constituer sur ces technologies reliant des espaces physiques et déclenchant ou révélant des interactions sociales (partager l’expérience des lieux, partager les lieux d’expérience, etc.). Notre point de départ serait de faire une étude des initiatives artistiques actuelles faisant appel aux locative media, et de croiser cette grille d’étude avec les problématiques relevées par Locus Sonus et par les laboratoires associés (LAMES, Laboratoire des Usages, CRESSON). Nos approches et réalisations qui nourrissent ces questions touchent actuellement différentes dimensions qui devraient permettre d’interroger ce qui est constaté par ailleurs (notamment dans les projets du laboratoire : SoundMap, Promenade, Locustream, LS in Second Life, etc.) et d’ainsi problématiser ce que nous tentons de nommer : field spatialization, variable media, remote/local, remote sound recording, audio extranautes, etc.
Un autre intérêt est celui d’ouvrir un terrain de dialogue et de recherche avec les questions sociales, à partir de celles concernant l’espace public, l’espace personnel étendu, l’espace collectif, l’espace collaboratif, l’espace augmenté, pervasif et ubiquitaire, etc.

Voici une des définitions de locative media par Hubert Guillaud (FING) :
« On parle de plus en plus de Locative media (qu’on pourrait traduire par média localisé) pour désigner des systèmes d’informations numériques dotés de coordonnées géographiques permettant aux mondes physique et numérique de s’interpénétrer à leurs points de convergence. »

--> Wimicam
--> Promenade


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* comment convergent des attentions ? (LAMES, nouvelles scénarités / publics) + mobilité (ENST) + espaces sonores et ambiances / formes d'inattention / comment un dispositif sur les limites de l'attention, sur les développements de la distraction, autres modalités de focalisation (Cresson)
* l'objet ATTENTION (objet nodal) -- objet AMBIANCES (espaces sociaux / espaces sonores ) -- objet ESPACES PUBLICS (scénarités) -- objet FLUX / MOBILITÉ (appropriation des dispositifs d'écoute multimodale et liés à la motricité / partages d'expériences / écoutes distribuées (approches, écoutes, appropriations) en tant que parcours
* + espace de l'art / lieux de l'art → écologie de la scène
* dispositif distribué de recherche (pluri-laboratoires) (plate-forme)


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