DAP-rapport1.2.1 - Wikidolist

Dernière modification : 2008/03/11 00:02

retour plan rapport brouillon rapport dap


L'équipe développe des expérimentations sur les deux axes Audio en Espace et Audio en Réseau à partir d'un objet commun, le streaming, que nous utilisons d'une manière peu commune en laissant des microphones ouverts dans des environnements et des paysages.






Locustream est un projet de micros ouverts autour du globe. Ces micros sont mis en place et maintenus par des collaborateurs et complices dans des lieux de prise d’écoute (comme on dirait de prise de vue) qu’ils choisissent. Conçu au tout début comme un travail expérimental sur la pratique du streaming, en tant que question sur l’articulation ou l’intrication entre espaces et réseaux via le medium son et des influences ou impacts que ce dispositif pouvait induire, le projet a démarré par la pose d’un microphone dans un lieu et la réception via Internet, dans un second lieu, du flux transmettant la captation faite par le microphone.

En janvier 2006, le laboratoire décidait donc de mettre en place des streams audio en direct, des microphones ouverts qui « streament » de manière continue des environnements ou paysages sonores donnés et choisis, par l’intermédiaire d’un serveur à partir duquel ces flux seraient disponibles par Internet à partir de n’importe quel endroit. Notre intention première était d’organiser et de fournir une ressource permanente à exploiter comme matériau brut pour nos expérimentations artistiques sonores.

Après avoir installé un premier stream permanent (à Cap15 à Marseille dans un atelier), nous avons commencé à travailler avec ce stream dans un dispositif de performance et d’improvisation, en utilisant, ce qui est à présent assez standard, un ordinateur portable et un contrôleur midi avec des patches « home-made » (sur les logiciels modulaires PureData et Max/MSP) afin d’interpréter ce flux sonore continu en temps réel. Ce qui fût assez problématique car rien de « particulier » ne se passait dans le stream au moment où nous voulions performer. Ceci nous a amené dans plusieurs directions.


extraits du blog du laboratoire :
http://audiolib4.free.fr/wikils/index.php?page=live%20micros

(image)

Une de celles-ci a été de développer en premier lieu un patch de streaming qui utilisait un denoiser (sélection dans le son en fonction de son niveau sonore) et un échantillonneur dont la banque de sons (best-of des événements les plus marquants) était continuellement lue en boucle, alimentée et renouvelée par les séquences gardées par le denoiser. Le flux émis était donc une compilation/montage des événements « sonores » de l’environnement capté par le microphone, et n’était plus la captation directe par ce dernier. Malgré que ce procédé rendait le stream plus « écoutable » (et plus jouable en tant que matériau musical), dans le sens où l’opération de montage automatique des événements sonores les plus marquants effectué par la machine donnait à écouter et à jouer des « objets » préhensibles sans plages sonores dénuées d’événements sonores (que nous pensions donc dénuées d’intérêt et impossibles à jouer), ceci nous posa quelques problèmes conceptuels : le flux sonore était devenu pré-composé à sa source, ce qui oblitérait notre relation à la linéarité de la captation continue et imposait une interprétation arbitraire (comme par exemple le paramètre de seuil d’acceptation sonore du denoiser).

extraits du blog du laboratoire :
http://audiolib4.free.fr/wikils/index.php?page=live%20micros


(image)


Dans le développement du projet par la suite, ces approches de protocoles de traitement du son à la source des streams a disparu et a laissé la place à ce qui était la première iniative, celle d’ouvrir des microphones non-altérés, des captations brutes des environnements sonores

Le bruit intact et physique du monde perce le monde virtuel (ici celui de l’écoute et des éloignements) par une perception presque cagienne où l’écoute est modifiée par la distance cumulée réelle et virtuelle. De plus en plus intéressés par ces notions d’espace et de distance, nous continuons à partir de ce projet de poursuivre cette recherche en augmentant la porosité entre les mondes physiques et virtuels.

Pour la mise en place du projet Locustream, Locus Sonus a configuré l’ensemble du dispositif :

• un environnement serveur spécifique pour la réception et la transmission des streams audio (Icecast, encodage ogg vorbis),
• l’environnement logiciel (PureData) qui permet d’émettre un stream à partir d’un ordinateur (voir plus loin Locustream Patch),
• les protocoles de mise en place et de maintenance des microphones par personnes interposées,
• les fonctions dynamiques qui permettent d’actualiser en continu les interfaces (voir plus loin : Locustream SoundMap, Locustream Tuner, etc.) en fonction de l’activité du serveur de streaming et donc des microphones dans les lieux distants.


À partir des premiers microphones que nous avions posés (Cap15 Marseille et un micro temporaire à la Villa Arson à Nice), nous avons commencé à explorer les possibilités que nous avions pour mettre en place d’autres microphones à d’autres endroits.
Les questions qui sont apparues rapidement étaient simples : où ? comment ? qui ? Chacune d’entre elles amenaient leurs variantes conséquentes à propos de la nécessité de prendre en compte :


1/• des distances et des périmètres plus ou loin larges à partir de lieux connus (par nous) ou inconnus (proposés par d’autres que nous),
  • choix de lieux
  • nature des lieux (pour quelle « nature » sonore de stream ?)
  • lecture d’un périmètre du projet (périmètre en proximité, périmètre régional, périmètre national, etc.) et pour donner quelle « dimension » et quelle identification du projet ?
extraits du blog du laboratoire :
http://audiolib4.free.fr/wikils/index.php?page=live%20micros

(image)


2/ •de la nature et de la configuration nécessaire pour ouvrir et maintenir un stream (dispositif micro / machine dédiée et configuration serveur)
  • à partir de la configuration première du Icecast2 sur le serveur nujus.net (grâcieusement offerte par un collaborateur et par le provider sur un nombre restreints de streams possibles - 15 au départ du projet -)
  • du choix du format de son (mp3, ogg vorbis) (mono ou stéréo) (qualité de l’encodage) en fonction des contraintes techniques d’émission et de réception liées aux bandes passantes (des connexions des machines qui émettent, des machines des auditeurs qui reçoivent, et du serveur nujus.net hébergé chez thing.net à NYC)
  • de la configuration minimum de la machine dédiée émettrice et de sa capacité à streamer en continu
  • des automatisations nécessaires (pour éviter trop de maintenance surtout pour des machines qui doivent fonctionner en continu que la personne qui ouvre le stream soit là ou pas là) pour que la machine et le logiciel (patch PureData) puissent soit se reconnecter automatiquement au serveur de streaming, soit se relancer (rebooter) en cas d’interruption de la connexion ou de panne temporaire (crash du système de la machine)
  • de la stabilité du serveur et de sa maintenance pour assurer la permanence d’accès aux streams
3/ • de la sollicitation de personnes à qui nous allions confier et transmettre les données de configuration pour émettre des streams
  • sur la transmission claire des protocoles du projet (micros ouverts bruts) sans méprise sur les conditions essentielles de la nature de celui-ci
  • sur notre dépendance vis-à-vis de la disponibilité de ces collaborateurs pour l’utilisation d’une de leurs machines personnelles pour ce projet et pour dialoguer avec eux lors des étapes d’expérimentation qui nous semblaient nécessaires pour bien tester et ajuster au fur et à mesure la mise en place du projet
  • sur la volonté de laisser à ces collaborateurs des degrés de décision et d’interprétation (sur les choix techniques du dispositif microphonique, de l’emplacement du micro, de la sélection de la « fenêtre sonore », etc.)
  • sur notre capacité à intégrer des propositions que nous n’avions pas prévues ou sur le fait de pouvoir intégrer ou ajuster des propositions externes par rapport au projet
  • sur notre volonté de faire apparaître des conditions liées aux contextes des émetteurs (streameurs) et à leurs décisions : captation sonore ambiante, captation sonore précisée voire liée à une esthétique (phonographique, carte postale sonore, etc.), captation sonore commentée, captation sonore à visée sociale ou imprimant un « point de vue », etc.
  • sur les relations de confiance pour que d’une part les données de configuration de l’accès au serveur ne soient pas divulguées à d’autres personnes étrangères au projet, et que d’autre part, ceci n’entraîne pas des débordements nocifs à l’expérimentation que nous ne pourrions alors plus gérée (même s’il nous restait toujours la possibilité de modifier les codes d’accès au serveur de streaming)
  • sur la lisibilité publique des conditions du projet et de sa fluidité de mise en place étapes par étapes (il ne s’agissait pas d’ouvrir d’emblée un projet artistique sonore en ligne et contributif ouvert à tous)
Ainsi nous avons pu lors de cette première étape configurer un fichier (patch), sous l’application PureData, de configuration simple à installer et à utiliser pour ouvrir un stream (voir partie suivante Locustream Patch) et compatible avec la configuration du serveur de streaming : en installant le logiciel nécessaire quels que soient la machine et le système d’exploitation (Linux, Windows, osX) et en proposant au streamer d’entrer les paramètres les plus simples (nom du stream, nom du streamer, lieu de l’émission du stream).


(suite dans chapitre Tuner)







brouillons - extraits


Locustream est un projet de micros ouverts autour du globe. Ces micros sont mis en place et maintenus par des collaborateurs et complices dans des lieux de prise d’écoute (comme on dirait de prise de vue) qu’ils choisissent. Conçu au tout début comme un travail expérimental sur la pratique du streaming, en tant que question sur l’articulation ou l’intrication entre espaces et réseaux via le medium son et des influences ou impacts que ce dispositif pouvait induire, le projet a démarré par la pose d’un microphone dans un lieu et la réception via Internet, dans un second lieu, du flux transmettant la captation faite par le microphone.

Le streaming est un principe utilisé principalement pour l'envoi de contenu en « direct » (ou en léger différé). Très utilisé sur Internet, il permet de commencer la lecture d'un flux audio ou vidéo à mesure qu'il est diffusé. Il s'oppose ainsi à la diffusion par téléchargement qui nécessite par exemple de récupérer l'ensemble des données d'un morceaux ou d'un extrait vidéo avant de pouvoir l'écouter ou le regarder. source http://fr.wikipedia.org/wiki/Streaming

En janvier 2006, le laboratoire décidait de mettre en place des streams audio en direct, des microphones ouverts qui « streament » de manière continue des environnements ou paysages sonores donnés et choisis, par l’intermédiaire d’un serveur à partir duquel ces flux sont disponibles par Internet à partir de n’importe quel endroit. Notre intention première était d’organiser et de fournir une ressource permanente à exploiter comme matériau brut pour nos expérimentations artistiques sonores.

Le bruit intact et physique du monde perce le monde virtuel (ici celui de l’écoute et des éloignements) par une perception presque cagienne où l’écoute est modifiée par la distance cumulée réelle et virtuelle. De plus en plus intéressés par ces notions d’espace et de distance, nous continuons à partir de ce projet de poursuivre cette recherche en augmentant la porosité entre les mondes physiques et virtuels.


Pour la mise en place du projet Locustream, Locus Sonus a configuré l’ensemble du dispositif :

- un environnement serveur spécifique pour la réception et la transmission des streams audio (Icecast2, encodage ogg vorbis),
- l’environnement logiciel (PureData) qui permet d’émettre un stream à partir d’un ordinateur et du patch qui a été conçu par le laboratoire pour émettre un stream à partir de n’importe quel ordinateur,
- les protocoles de mise en place et de maintenance des microphones par personnes interposées,
- les fonctions dynamiques qui permettent d’actualiser en continu les interfaces (voir plus loin : Locustream SoundMap, Locustream Tuner, etc.) en fonction de l’activité du serveur de streaming et donc des microphones dans les lieux distants.

Voici la liste actuelle des contributeurs et complices du projet Locustream, qui maintiennent un micro ouvert de manière continue ou temporaire :

00130Gallery Helsinki (Juan Kasari), Apo33 Nantes, Harmut Bosbach, Cap15 Marseille, CRISAP Creative Research into Sound Art Practices / University of the Arts London (Angus Carlyle, Michael Wright), Paul Demarinis (Stanford University), Karen Dermineur, Björn Eriksson, John Klima, Jason Nanna, Marc McNulty, NOTAM Norsk nettverk for Teknologi Akustikk og Musikk Oslo (Risto Holopainen), Ragnar H. Olafsson, SAIC School of the Art Institute of Chicago (Peter Gena, Robb Drinkwater), SARC Sonic Art Research Center Belfast (Alain Renaud), Hans-Christof Steiner (Polytechnic University, NYC), Timothy Nohe (Wollongong University Sydney, University of Baltimore), Koray Tahiroglu (Istanbul, Media Lab UIHA Helsinki), Daniel Schorno (STEIM Amsterdam), Dan Overholt (UCSB Santa Barbara), Cédric Maridet, Brett Ian Balogh, Raphaele Shirley (PAM), Avatar (Jocelyn Robert, Meriol Lehmann), ...


PureData (ou abrégé pd) et Max/MSP sont des logiciels de programmation graphique et modulaire pour la création sonore, musicale et multimédia en temps réel. Chaque fichier programmé issu de ces logiciels et organisé pour réaliser des processus s’appelle un Patch.

Ogg vorbis est un algorithme de compression de fichier audio pour l’encodage, la lecture et la diffusion. Il est jugé d’une qualité supérieure à celle du mp3 et est open-source (sans paiement de droits).



(images des microphones dans les différents emplacements choisis par les streamers)


Collaborations :
Réseaux : Creacast, ENSA Villa Arson Nice, nujus.net NYC, The Thing Inc. NYC
Développements : Stéphane Cousot (PHP, mySQL), Jean-Louis Paquelin (serveurs)
Programmation : Hans-Christof Steiner (PureData), Olaf Matthes (ogg PureData)