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• 2008/2009 - contrat de recherche Programme CNRS / Min. Culture (accord-cadre CNRS/Culture - MRT/DAP)
Objet de la recherche AUDIO URBAIN ET ÉTENDU
(une étude d'expérimentations artistiques basées sur l'espace sonore à multiples échelles)
Dans la continuité du programme "Audio Extranautes - les nouvelles perspectives de l'espace acoustique dans ses prolongements via les réseaux électroniques", Locus Sonus poursuit ses recherches avec son principal collaborateur le laboratoire de sociologie (LAMES) et démarre une seconde collaboration avec le laboratoire CRESSON - Centre de Recherche sur l'ESpace SONore et l'environnement urbain, basé à Grenoble -, pour investir un nouveau programme en mettant un accent sur la mise en espace sonore à multiples échelles, la mobilisation de l'espace sonore personnel et sur les notions de flux dans la représentation artistique sonore.
Ces recherches communes seront localisées pendant une période de 2 ans sur le site de la Défense à Paris. Une collaboration avec le CNAP permettra de mettre en pratique les formes artistiques tout en impliquant la population sur place : présentations des oeuvres dans l'espace public, communications autour de ces oeuvres, implications à différents niveaux des entreprises implantées sur le site, etc.). Contexte L'objet de recherche du laboratoire s'ouvre sur un champ d'investigation – le field spatialization [1] – qui déploie une réflexion et des pratiques sur des registres prenant en compte une variété d'échelles : allant du streaming à l'acoustique, la téléphonie, la radiophonie, et aux espaces virtuels. En effet l'articulation et le déplacement entre ces objets s'effectuent dans le fil des travaux menés jusqu'à présent. Les problématiques qui s'ouvrent avec cette notion de field spatialization permettent de mieux interroger et discerner les dimensions impliquées dans les pratiques sonores d'espace et en réseau. Locus Sonus s'engage dans la construction de formes artistiques (installations et performances - dans un sens large -) et de dispositifs d'interactions de ces espaces sonores. ---------- Terme que nous avons adopté qui combine la notion de field recording (enregistrement ambulatoire) (littéralement in the field : sur le terrain) avec la notion de spatialisation plus généralement liée à un dispositif fixe dans un espace intérieur. Une traduction littérale serait: spatialisation de terrain. Objet : AUDIO URBAIN ET ÉTENDU En invitant le laboratoire CRESSON, Locus Sonus oriente ses axes de recherche vers des questions communes liées aux ambiances sonores : perception des ambiances, construction des ambiances, ambiances urbaines, pattern ambiant, ambiances publiques, etc. Il s'agit d'élargir la réflexion autour de l'espace sonore en comparant les recherches de Locus Sonus et ses utilisations artistiques de l'audio en espace avec celles portées par le CRESSON (et plus particuliérement avec les recherches menées par Jean-Paul Thibaud), recherches qui se concentrent davantage sur la perception et la reception des données acoustiques. Un dialogue est ainsi proposé entre l'analyse, l'observation d'un ambiance sonore et l'existence d'un oeuvre dans ou relative à cet espace. Le LAMES poursuit à travers ce projet ses recherches sur les "nouvelles scenarités" entrant dans un dialogue, permanent avec les processus de création proposés par Locus Sonus. Il s'agit de porter un regard sur la maniére dont les projets artistiques sont établis et constitués, ainsi que de proposer un retour permanent vis-à-vis de l'utilisation et de la fréquentation par le(s) public(s) de ces oeuvres ou actions. Un autre aspect théorique propose de poursuivre la réflexion menée par Jean Cristofol sur l'importance croissante de la notion de flux dans la création contemporaine. "L'un des intérêts les plus immédiats des streams que Locus Sonus nous propose comme autant de masses temporelles, et qui sont moins des paysages sonores que des flux-paysages, c'est bien le temps qu'ils imposent à l'écoute, c'est bien ce qu'ils confrontent du temps dans lequel ils se constituent peu à peu, comme des événements à la fois cumulatifs et fuyants, et de la présence longue qu'ils introduisent dans notre existence immédiate. Pour reprendre encore une expression de Deleuze, ce sont des "blocs de durée". Mais ce qui compte ici, c'est la façon dont ces blocs ne se proposent pas comme des entités constituées et définies une fois pour toutes, mais à la fois comme de la matiére à travailler et comme un fluide en perpétuel débordement. Travailler cette matiére, c'est la mettre en situation, la réinventer dans sa réalité de durée, non pas la contenir ni l'arrêter, mais la proposer comme une condensation provisoire. C'est travailler ce qui s'accumule comme ce qui fuit et la relation entre ce qui s'accumule et ce qui fuit et c'est inventer les agencements et les situations qui le permettent." Jean-Paul Thibaud (CRESSON) investit ses recherches sur la constitution d'une grammaire générative des ambiances urbaines : Qu'en est-il des variations et des permanences sensibles d'un espace public ? L'objectif est de rendre compte de la maniére dont une ambiance urbaine s'installe en mettant l'accent sur le rôle des conduites sociales et des maniéres d'être ensemble. Field Spatialization, Locative Media Les travaux de Locus Sonus combinent les réseaux (comme espace élargi) et l'espace local pris hors des lieux habituels de la diffusion sonore (salle de concert, salle d'exposition, par exemple). Ces recherches et expérimentations aménent à une exploration de la notion d'espace sonore artificiel et au-delà à questionner les frontiéres entre naturel/artificiel, virtuel/physique, local/distant, etc. Entre 2005 et 2007, Locus Sonus a exploré un certain nombre de pistes allant dans ce sens dont certaines d'entre elles ont donné lieu à des réalisations concrétes. A chaque fois, des superpositions d'espaces sont en jeu, qui lorsqu'il s'agit de son, sont inévitablement confondus pour ne devenir qu'un seul (espace). Dans le cadre du laboratoire Locus Sonus, ceci concerne l'exploration des espaces acoustiques (lancée en préalable sur les notions de sympathie et de résonance) et des questions autour des media variables . La notion d'audio extranaute inclut l'approche de nouvelles distinctions, voire de capacités, entre l'instance "auteur" et celle "auditeur", qui ressortent au travers des développements conjoints, artistiques et industriels, des environnements en réseau. A partir des questions de mobilité, de connectivité et de field spatialization, le laboratoire amorce actuellement une investigation sur les questions de locative media , c'est-à-dire sur les média et dispositifs de communication liés à la localisation (rendus possibles par les technologies GPS / géolocalisation, RFID, informatique portable, téléphonie mobile, syndications sur les réseaux, etc.). Il s'agit de discerner les pratiques (artistiques) qui pourraient se constituer sur ces technologies reliant des espaces physiques et déclenchant ou révélant des interactions sociales (partager l'expérience des lieux, partager les lieux d'expérience, etc.). Notre point de départ serait de faire une étude des initiatives artistiques actuelles faisant appel aux locative media, et de croiser cette grille d'étude avec les problématiques relevées par Locus Sonus et par les laboratoires associés (LAMES, Laboratoire des Usages, CRESSON). Nos approches et réalisations qui nourrissent ces questions touchent actuellement différentes dimensions qui devraient permettre d'interroger ce qui est constaté par ailleurs (notamment dans les projets du laboratoire : SoundMap, Promenade, Locustream, LS in Second Life, etc.) et d'ainsi problématiser ce que nous tentons de nommer : field spatialization, variable media, remote/local, remote sound recording, audio extranautes, etc. Un autre intérêt est celui d'ouvrir un terrain de dialogue et de recherche avec les questions sociales, à partir de celles concernant l'espace public, l'espace personnel étendu, l'espace collectif, l'espace collaboratif, l'espace augmenté, pervasif et ubiquitaire, etc. Voici une des définitions de locative media par Hubert Guillaud (FING) : "On parle de plus en plus de Locative media (qu'on pourrait traduire par média localisé) pour désigner des systémes d'informations numériques dotés de coordonnées géographiques permettant aux mondes physique et numérique de s'interpénétrer à leurs points de convergence." Streaming et espaces publics des engagements artistiques (LAMES) Une premiére analyse a été proposée, dépassant le cas de Locus Sonus, ou bien le situant comme un parmi d'autres, qui distingue trois motifs de nature à déstabiliser ces scénarités instituées : on les rappellera rapidement avant de s'attarder sur le deuxiéme qui concerne plus précisément le streaming et ses effets paradoxaux en termes de construction de publics. On indiquera alors comment c'est à suivre les ancrages des dispositifs de streaming en espace public qu'on peut le mieux travailler la question de ses "portées publiques", justifiant ainsi un des chantiers exploratoires que nous voudrions ouvrir. "Probing the Public Space" Du côté de la sociologie maintenant, et d'une affiliation des questionnements de terrain à des problématiques plus amples : en engageant les dispositifs de streaming au grand air de l'espace public, l'expérimentation prend place dans une famille en pleine voie d'élargissement, et se rassemblant à l'enseigne du "probing the public space". Cet autre chantier en cours doit sans doute beaucoup au numérique, qui d'un coté multiplie les sondes et capteurs discrets dont il parséme les environnements naturels de la vie sociale, et de l'autre offre des plateformes collaboratives de partage des données ainsi recueillies entre nouveaux "herboristes urbains" (Voir par exemple le site "Urban tapestries" et les annotations sur cartes partagées). D'un mot, et pour situer l'originalité de notre entrée sociologique sur ce champ là : ce serait en tous cas notre philosophie – et de travailler au contact de Locus Sonus – que de considérer que c'est en se mettant (publiquement) à l'épreuve de l'espace public – non pas comme enregistreurs discrets, preneurs de sons et de pouls, éprouvettes d'humeurs psycho – mais d'y paraître publiquement, du moins d'accompagner ceux qui y paraissent publiquement, qu'on se donnera chance de rendre probantes les analyses d'espace public. Geo → Sites → Extranautes → Transports d'Ambiances Dans le cadre de la réflexion sur la fluidité des flux, l'interrogation des points, en tant que lieux locaux et situés, sédentaires, c'est-à-dire d'où l'on émet et d'où l'on reçoit, a été envisagée lors des derniers symposiums Audio Sites et Audio Geo, mais que se passe-t-il lorsque ces mêmes points se déplacent simultanément, sont mobiles, c'est-à-dire changent continuellement d'espaces? ils naviguent (-nautes) entre et d'un point à un autre (extra-, hors de). Les points fixes sont mobiles, stables et instables, sont continuellement situés, incorporés, découvrant des espaces différents de réception, d'écoute et d'émission, de captation. Ils fluctuent tout en étant singuliers. Ils sont à expérimenter et à éprouver car il n'y a plus d'aplomb et de centre d'interprétation. Tout en fluctuant ils jouent des espaces traversés, des résonances de ceux-ci, des répercussions et impacts rendus acoustiques de ce qui serait sans résonance et sans sympathie, anacoustique. L'un pour l'autre, ces points sont virtuels, quelque soit le lieu. Seuls les imaginaires excités par ces fantômes reconstituent ces espaces distants (la désignation ou la localisation du lieu est-elle importante ?). Chaque auditeur, chaque "streameur" imagine l'autre à partir de ses mémoires et de ses perceptions: de lieux, de contextes, de gestes, etc. L'un s'imagine composant l'autre, l'étendue de l'autre, l'étendue de son espace. Dans le flux il y a écoulement, écoulement sans destination, sans que le destinataire soit a priori désigné. L'émetteur/expéditeur est localisé, son microphone sélectionne un périmétre et un volume difficilement stable. Le destinataire impromptu régle son écoute de l'impermanence du flux permanent. Les interfaces (dispositifs et installations) permettent de "répéter" l'écoute sans grapher ce qui s'écoule, ce qui est non itératif. Les dispositifs (développés par le laboratoire) sont itératifs, leur contenu non (les flux streamés), car celui-ci est continuellement mis à jour : nous n'en percevons que son actualité à distance et ses sillages en différé (persistances et résistances). Est-ce que le gramme du son (gramophone), – ou bien faut-il envisager aussi le gramme de l'écoute ? –, améne à constituer des pratiques et des écritures possibles à partir des dispositifs et des appareils de streaming et de réception que nous développons ? L'auditeur différe et révéle les dispositifs de composition et d'écoute par ses propres expériences des appareils. L'espace auditeur est, aujourd'hui et pour l'instant, physique (proprioperceptif), tout comme celui de l'émetteur, ouvrant dans ses contextes fenêtre aprés fenêtre – fenêtre mobile de la captation sonore –. L'interaction n'est actuellement possible qu'à l'aide des dispositifs (Tuner, Promenade, SoundMap, etc.), ceux-ci étant imprégnés des captations en direct, des matériaux inattendus incessamment rafraîchis, mis à jour et qui échappent toujours, alors que l'on y répéte ses gestes et ses parcours. Pourtant l'appréhension des localités et le tissage de ces localités ne sont pas embrassés par l'auditeur, à part dans l'imaginaire et les fictions qui se dégagent de ces images et fenêtres sonores. Nous lui signifions le nom du local (par exemple par la projection du nom du lieu de l'émission, ou encore par les informations locales quant à la description textuelle et visuelle fournie par les ouvreurs de streams), sans que cet auditeur n'envisage simultanément et d'emblée les autres permanences, en attendant qu'une pratique des lieux virtuels en naisse. Le dispositif relie les lieux. Mais comment ? Au sein des projets du laboratoire de recherche, les pratiques de relations et d'interconnexions entre lieux peuvent construire des sympathies, des résonances et des dissonances. Ce qui est sympathique est invisible, il doit être excité à bonne longueur d'onde pour qu'il se détache des apparences physiques. Le lieu volume peut devenir acoustiquement plus habité qu'habituellement (l'habitude des espaces visuels), complexé de facettes nombreuses et de situations variées des corps lorsqu'on le fait résonner. Le croisement et la concomitance des espaces deviennent des résonances qui interagissent entre elles; lorsque les corps d'écoute se déplacent, ils changent le paysage. Toute résonance est éprouvée et donne la perception de sa propre localité (en tant qu'émetteur et en tant qu'auditeur). Qu'en est-il lorsque les corps ne croisent pas les espaces résonants dans leur physicalité, lorsque les modéles résonants sont transmis à distance (à l'instar du projet Silophone du collectif canadien The User) ou sont construits dans des espaces anacoustiques (Second Life), puis réinjectés, repliés dans l'espace physique d'écoute ? Le stream (sonore) recompose des espaces et des étendues par la reconnaissance, par les mémoires, par la signature des contextes, des sites et des lieux ; de son côté le stream d'espaces (d'excitation et de résonance) compose de tiers espaces à définir. De contextes stables (du lieu d'émission, du lieu d'écoute, du lieu du dispositif) nous en mesurons à présent les instabilités et les variabilités lorsque les sympathies (d'espaces, de sons, etc.) entrent en jeu : situations, ambiances, immersions, environnements, etc. – autant de termes et de pratiques à explorer par la suite dans notre recherche – . L'abord public devient en supplément expérientiel, plus navigant, plus variable, plus constitutif, passant d'un espace à un autre, d'un voisinage à un autre. L'espace paradoxal (numérique, résonant et calculé) prend-il une physicalité et une matérialité plus grandes par l'accroissement des imaginaires et des perceptions imaginées ? Nos espaces physiques ne s'y retrouvent-ils pas plus agrandis, plus étendus, largement perçus, amplifiés et modifiés ? Le rôle de l'imagination (ou plus exactement de la fiction) oscille entre mimétisme et reconnaissance : la pratique des espaces sonores numériques, ou mieux virtuels, non seulement influe sur nos perceptions dans les environnements physiques mais modifie, courbe, également celles-ci et enfin initie des pratiques et des perceptions physiques indexées sur la virtualisation et pourtant bien réelles et éprouvées. Il s'agirait de les distinguer et de mettre à jour cette translation des pratiques virtuelles (et en réseau) dans nos contextes, tant nous connaissons le mouvement inverse, celui de ramener (mimétiquement) dans le virtuel nos activités physiques et la simulation de nos perceptions. Une des activités et des expérimentations développées par le laboratoire Locus Sonus porte sur le transport d'environnements sonores par les appareils, les techniques et les technologies de streaming. Le stream ouvre la possibilité de creuser un sillon : celui des pratiques de paysages sonores partagés. Ce point de vue pourrait être à nouveau ré-interrogé selon d'autres angles en prenant appui sur le Mémoire éponyme de Yannick Dauby (Mémoire de DEA, école de l'Image, Angoulême, 2002). Une des difficultés identifiées lors du premier symposium (Audio en espace, audio en réseau) a été d'appliquer aux matériaux issus de ces transports la qualité de paysage sonore avant même que de parler de leur "partage". D'un coté l'expérience du transport d'ambiance est sans doute du type "limite", mais de l'autre la visée artiste n'en n'est pas quitte, au sens où elle essaie néanmoins d'intégrer des "étendues sonores" -- ou en tous cas des sons qui emportent ou importent avec eux le sens de leur étalement, dans la construction même de ses piéces/espaces sonores (moins des sources que des bassins). S'y expérimente en tous cas un type d'écoute. Méthodologie Séminaire annuel commun Locus Sonus / LAMES-CNRS / CRESSON-CNRS - - disposition d'un chercheur (Clémentine Maillol, LAMES) dans un protocole de recherche-action sur le suivi du laboratoire Locus Sonus et de l'ensemble des activités. - idem pour le CRESSON - publication en ligne, complétée par des publications papier et des présentations publiques. - SYMPOSIUM: cycle de présentations (conférences, présentations, communications, démonstrations et expérimentations) ouvert aux étudiants des Ecoles d'Art Françaises et des départements d'Université. Le programme Audio Urbain et étendu crée une dynamique de recherche assise sur la complémentarité des trois laboratoires: le CRESSON propose une expertise analytique sur l'espace acoustique urbain - en effet le site de La Défense est particuliérement riche dans la variété et la complexité des espaces acoustiques qui sont présents -, Locus Sonus propose des pratiques artistiques découlant en partie de ces observations, et le laboratoire LAMES participe à une analyse du déroulement de ces actions et leur impact social sur le site. laboratoire universitaire associé: CNRS-MMSH, laboratoire méditerranéen de sociologie (LAMES), Samuel Bordreuil liens: http://www.imageson.org/ http://www.mmsh.univ-aix.fr/lames/
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