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2008/2011 - projet déposé à l'ANR

Programme ANR Agence Nationale de la Recherche
(Appel)



Objet de la recherche

AUDIO AMBIANCES
Art Sonore, Ambiances urbaines, prise de Place Publique


Dossier de demande / Application

dossier pdf
Rapport de recherche/ Report


Le motif central autour duquel s'est cristallisée la recherche collaborative est en premier lieu la présentation de l'installation Locustream Promenade sur le Parvis de la Défense à Paris sur une durée d'un an, qui sera suivi en second lieu de deux années d'expérimentation et de réalisations artistiques par le laboratoire Locus Sonus sur le même espace du Parvis, en intrication avec des études et des problématiques portées par les laboratoire scientifiques LAMES, CRESSON et LTCI.
On pourrait définir à grands traits "l'esprit" de l'expérience en disant qu'il y s'agit de faire sonner des espaces dans d'autres espaces, et particulièrement, des villes dans d'autres villes.
  • Qu'en est-il des registres de dimension spatiale du son ou des événements sonores ?
  • Qu'en est-il, réciproquement, de la dimension sonore des espaces pratiqués, et du rôle qu'elle joue dans les pratiques et les ambiances urbaines ? Voici alors un des chantiers vifs de l'anthropologie urbaine.
  • Ou encore : en quoi les possibles portés par le numérique, et notamment pour les modalités de transports du sonore et de génération d'environnements virtuels auxquelles ils ouvrent, sont-ils de nature à renouveler et à regénérer le "Sound Art" ?
  • Et réciproquement, comment se conjuguent pratiquement les "implications" en virtuel et en "présentiel" ?

Locus Sonus, LAMES/CNRS laboratoire de sociologie, CRESSON Grenoble laboratoire CNRS et centre de recherche sur l'espace sonore et l'environnement urbain, LTCI Telecom Paritech





Contexte

Plutôt donc que d'une démarche hybride qui rabattrait d'un seul coup d'un seul la réflexivité artistique sur une réflexivité sociologique (non moins que l'inverse), le programme de recherche proposé vise à ouvrir un espace conjoint dans lequel, certes, "hybrider" des démarches, mais à partir de leurs lignes de réflexivité propres. En d'autres termes il "surprend" les différentes équipes qui le mènent dans des moments ou des "chantiers problématiques", et il parie sur une inflexion productive des réflexivités de ces lignes de recherches, et pour ainsi dire, par enclenchements latéraux.
Cet objet se situe dans un champ commun d'exploration (artistique, scientifique) : celui de l'espace sonore. L'équipe travaille depuis quelques années à une double approche de ce champ. Coté artiste, ce champ est exploré activement, et de l'intérieur par des performances qui impulsent, posent et propagent du son en en variant les modalités extensives d'efficience. Coté anthropologique certains des partenaires explorent depuis un moment déjà, la part du son dans les rapports aux lieux, dans la construction et la pratique des espaces sociaux.
Sur ce fond là d'attentions complémentaires à la dimension spatiale de l'expérience sonore, il s'agit de faire porter l'investigation croisée sur une "région d'espace" particulière, celle de l'espace public et ceci en s'intéressant aussi bien à la place du son dans l'expérience des espaces publics, qu'aux manières selon lesquelles il est susceptible d'agir sur le "placement en public" des pratiquants de ces espaces.
La possibilité d'adresser cet objet théorique tient largement aux propriétés de l'installation sonore Locustream Promenade dont le montage et le suivi sur le Parvis de la Défense à Paris est au coeur du projet présenté. Cette installation, de type "Streaming" se propose en effet (et via le réseau) de faire sonner les sons d'autres villes dans la ville, et d'organiser la réception de ces résonances le long de parcours d'écoute situés en espace public (sur le parvis de la Défense) et susceptibles d'être amodiés. Son nomadisme et sa plasticité ménagent alors un espace empirique pour traiter d'un objet théorique – qu'elle permet de soumettre à observation et à expérimentation – qui serait celui du "faire public" dans un espace (déjà) public.
En ayant recours à une métaphore chorégraphique, on dira que la possibilité d'un "pas de deux" s'esquisse, et du fait que les lignes problématiques en art sonore et sociologie font chacune l'objet de déports qui les rapprochent l'une de l'autre. En substance : côté art sonore, un accent nouveau est mis, au-delà du son, sur son écoute et ce qu'il en est des dispositions à entendre ; symétriquement, les approches micro analytiques , et dans le sillage du travail pionnier de Garfinkel sur les "breaching experiments", subordonnent volontiers l'intelligence des situations (et de ce qui les construit) à la fabrique contrôlée et au travail sur des artefacts expérimentaux. Ces "déports" symétriques brouillent alors les cartes des divisions du travail héritées entre artistes et scientifiques – les uns "performant", les autres enregistrant. Ils désignent ainsi une aire et des modes d'engagements conjoints. De fait l'enquête empirique projetée autour du dispositif "Locustream Promenade" sur le Parvis de la Défense, fera fond sur, et dépliera les possibles ouverts par, ces chevauchements.






Objet : AUDIO AMBIANCES (Art Sonore, Ambiances Urbaines, Prise de Place Publique)

Le projet présenté ici est une recherche menée en collaboration par des artistes (en création sonore) et des chercheurs (en sciences sociales). Le champ commun d'investigations qui, à la fois rend possible et motive cette collaboration, est celui d'une approche de la dimension sonore dans les espaces publics.
Aussi bien un des enjeux ou objets de la recherche sera de suivre in situ et de documenter les formes que prennent, et les processus selon lesquels s'accomplissent, la genèse des publics. Bref d'entrer dans l'intelligence du public (et des états réceptifs qui le constituent comme tel) par une approche écologique et pragmatique de leurs formes de constitution.
Le déploiement de cette recherche tient pour une grande part à ce que les lutheries de Locus Sonus sont fortement infusées d'opérationnalités numériques. Comme forme d'art numérique, les dispositifs de Locus Sonus apportent ainsi leur touche à l'ouverture de varias en matière d'environnements sensoriels et expérientiels que ce type d'art permet d'explorer.




"Locustream Promenade" et l'approche pragmatique des ambiances urbaines. (CRESSON)

L'apport de l'équipe CRESSON s'inscrit dans le développement d'une approche pragmatique des ambiances urbaines visant à amplifier le caractère opératoire et la portée heuristique de la notion d'ambiance. Nous partons de l'idée que l'ambiance – définie provisoirement comme un espace-temps éprouvé en termes sensibles – constitue un des lieux d'hybridation privilégié entre l'activité artistique et le travail sociologique.
Les dispositifs mis en oeuvre par Locus Sonus constituent à cet égard de véritables analyseurs des ambiances quotidiennes. Une des propriétés de ces dispositifs, notamment autour du streaming, est qu'ils travaillent sur des captures de sons naturels, qu'ils expérimentent le déploiement de ces captures dans des variétés de sites urbains, et qu'ils travaillent sur et à partir des caractéristiques acoustiques de ces espaces. En se saisissant de l'ambiance sonore in situ pour la déstabiliser et la transformer, de tels protocoles permettent de poser à nouveaux frais une des questions centrales abordées au Cresson : qu'en est-il du caractère ordinaire d'une ambiance urbaine ?
  • Le potentiel immersif des lieux. Il s'agira ici de s'interroger sur les degrés d'emprise d'une ambiance à partir des variations sonores que propose Locus Sonus.
  • Des interférences d'une ambiance. Il s'agira ici de s'interroger sur les conditions d'"adhérence" entre un lieu et son ambiance, sur la manière dont une ambiance se compose et s'ancre localement.
  • Entre l'ordinaire et le remarquable. En mettant provisoirement en défaut les cadres sensibles de l'expérience quotidienne et habituelle, les expérimentations de Locus Sonus permettent de se demander à quelles conditions et selon quels processus une ambiance devient remarquable. Cela suppose de s'intéresser également à la manière dont l'expérience d'une ambiance évolue dans le temps pour celui qui la vit au quotidien.





"Locustream Promenade" : scène sonore et sociologie des espaces publics (LAMES)

Un des chantiers théoriques que les expérimentations sonores de Locus Sonus "interpellent" tout particulièrement est celui qui porte sur la question des espaces publics. Ici, l'ouverture spatiale des registres sonores travaillés par les artistes de l'équipe (lesquels varient les échelles de performances, aussi bien qu'ils modulent les façons d'articuler environnements réels et virtuels) rencontre un autre type d'ouverture, celle ayant trait à des questionnements – qui restent ouverts, donc – portant sur la dimension publique de la vie sociale, et notamment sur la notion, les mots (dira-t-on "valise" ?) d'Espace Public.
Par exemple, des "puits d'attention", souvent autour d'événements incongrus, peuvent se creuser dans des lieux publics et extraire des publics (1) d'agrégats fluides de passants(2) . De même, des membres de public peuvent se découvrir comme appartenant à de semblables audiences (3), et faire assemblée (4) de croiser et tester leurs références communes. Sa mention profile donc quelques pistes d'enquête. Mais surtout elle offre, nous semble-t-il, assez d'espace conceptuel pour une approche à la fois écologique et pragmatique de la formation des publics de l'art. Elle permet en particulier de nouer – autour de l'analyse des formes de "convocation de public" -- la thématique des lieux de l'art, et celle des publics de l'art. Et ce faisant, elle ouvre sur une sociologie des publics qui soit autre chose que le listage des attributs de ces membres, s'intéressant en premier lieu aux processus mêmes selon lesquels ces membres deviennent tels.
On fait donc l'hypothèse qu'on gagne à plonger l'approche des cristallisations d'attention publique portée par l'art dans une famille élargie de semblables cristallisations, bien qu'autrement motivées. Mais réciproquement, il nous semble aussi que, par la souplesse, la diversité des manières selon lesquelles le dispositif de LS travaille ces modes de convocation, on y recueillera des matériaux à valeur critique par rapport à cette problématique.




"Locustream Promenade" entre virtuel et présentiel (LTCI)

L'instauration d'effets de présence avec des espaces distants a été puis leur apparition à la fin du XIXème siècle, l'un des axes moteurs du développement des usages des technologies de l'information et de la communication.
Les différentes installations proposées par Locus Sonus déclinent, sous des registres variés, différentes combinaisons expérimentales entre le champ de la proximité, de la coprésence, d'une part, et, d'autre part, des sources sonores distantes diffusées en temps réel.
Dès lors, on pourra interroger la façon dont les passants, arrivant à proximité de ces sons, identifient leurs localisations, effectuent des rapprochements avec leurs activités du moment, ou bien au contraire maintiennent une disjonction forte entre les deux mondes. On s'efforcera donc de caractériser la tension qui s'exerce entre le rapprochement institué par ces installations vis-à-vis de mondes distants et la disjonction qui est susceptible de se maintenir. Assurer la jointure entre le contexte proximal de la déambulation et sa confrontation avec les traces d'un lieu distant pose en effet un problème pratique pour des acteurs en situation. Comment les acteurs traduisent-ils, dans un sens ou un autre, la série de glissements possibles entre les différents niveaux de hors champ et de hors cadre ? Nous abordons ce phénomène depuis une perspective d'analyse ethnométhodologique située des usages, qui met l'accent sur le travail concret par lequel ces deux paliers se rejoignent parfois, ou bien au contraire se distendent jusqu'à s'exclure mutuellement. Par exemple, ces sources seront parfois susceptibles de faire l'objet d'un travail de catégorisation en situation de la part de ceux qui peuvent les entendre, et plus encore, les écouter. Cette catégorisation intervenant dans la mesure où les écoutants sont susceptibles de tenter de qualifier ces sons et de les nommer d'après leur provenance (tel espace culturel ou linguistique).




Une problématique et une focale sur un objet privilégié

On donnera une première idée du caractère fluctuant et pourtant observable de ces "faire public", en les dépliant sur trois dimensions.
  • a) -- "faire public" suppose un réglage convergent des attentions réceptives à l'entour, mais qui implique un degré minimum d'absorption dans le cours événementiel dont on se constitue comme public. Si, comme nous l'a appris la microanalyse goffmanienne, le régime prévalent dans les espaces publics est celui des "attentions dispersées" -- d'une certaine manière on y regarde toujours ailleurs -- l'entrée en public doit quand même se signaler par un type d'attention soutenue, susceptible d'offrir prise à l'observation.
  • b) En second lieu, on l'a dit, l'offre sonore de Locus Sonus, est du type "transport d'ambiances" et elle touche ainsi une corde sensible (et pour ainsi dire) à la fois présente et évanescente dans les entours publics de la vie urbaine. Est-il convenable de parler des ambiances et de leurs publics ? Sans doute pas : plutôt d'ambiances et de leurs "patients/agents", au sens où l'est en général pris dans des ambiances, mais où aussi on peut "en mettre" ! Mais inversement des qualités d'ambiances peuvent soutirer des rapports qu'on dira paysagers, inciter à une réceptivité contemplative (au sens où elle est absorbée d'elle-même). Aussi bien, les lieux urbains ne sont-ils pas piquetés d'équipements – des bancs publics bien disposés par exemple -- qui incitent à l'absorption dans le lointain ? Une modalité plus diffuse de ‘faire public' se présente ainsi, plus synchrone que focalisée, et qui convient sans doute bien à la matière sonore et à raison du caractère souvent diffus de ses emprises.
  • c) Enfin, le "déport" évoqué ci-dessus de l'art sonore vers un art de l'écoute, livre un autre sens du "faire public" qui n'est pas du type "à prendre ou à laisser" mais qui fait signe vers des modalités d'un "entendre avec" de nature à cultiver et approfondir le partage esthétique entre membres du public aussi bien qu'entre artistes et publics. Un autre axe de fragilité du "faire public" pointe alors, et qui résulte de ce qu'il repose pour une part sur un travail interactionnel qui maintient, ouvre, prolonge ou nourrit une écoute. Invite est alors faite à approcher la réception comme une activité susceptible d'être distribuée.





Le Parvis de la Défense : quelques qualités du site d'hébergement

La notoriété du Parvis de la Défense, si elle ne nous dispense pas de le présenter, autorise du moins à ce qu'on concentre cette présentation sur quelques-uns de ses traits qui sont de pertinence par rapport à la démarche.
La Défense est un vaste quartier d'affaires construit à l'ouest de Paris. Situé sur les communes de Puteaux, Courbevoie et Nanterre, il est géré depuis l'origine (1958) par l'établissement public pour l'aménagement de la région de la Défense (EPAD). Organisé autour de la prolongation de l'axe dit historique (la Voie Royale partant du Louvre), il se présente à la fois comme un urbanisme de gratte-ciels et à la fois comme un urbanisme sur dalles accueillant centre commercial, métro et RER. Avec son parvis, espace public piétonnier de plus de 30 hectares, ce quartier est connu pour deux de ses bâtiments emblématiques, le CNIT (1958) et la Grande Arche de la Défense inaugurée en 1989. Actuellement, l'ensemble du parvis et des jardins suspendus accueille plus 60 oeuvres d'art, principalement des sculptures de grande échelle, qui, pour l'EPAD, en font un "musée en plein air".
Ce cadre se marque à la fois par une unité scénographique forte, et par une grande diversité d'usages. S'y superposent des (segments de) trajets piétons qui appartiennent, dira-t-on, à des orbites très contrastées, par leurs ampleurs aussi bien que par leurs rythmes. Ainsi les flâneries de visiteurs occasionnels et/ou de touristes voisinent avec les trajets plus tendus des navetteurs, pris entre domicile et bureaux. On pourra varier également ces usages selon qu'ils concernent des passants solitaires ou bien des "avec" pour reprendre le vocabulaire de Goffman (1973). Une autre variation d'importance porte sur le caractère récurrent ou non de ces trajets. Cette récurrence, due sans doute aux "navettes" répétitives, et malgré le caractère tendu des trajets qui vont avec, dégage cependant la possibilité d'une connaissance approfondie des lieux et ouvre à la perspective d'une fréquentation plus assidue des oeuvres d'art qui peuplent le parvis, et où l'installation "Locustream Promenade" sera amenée à prendre place. Tout autant que dans un cadre architectural stable, c'est donc dans un espace de mobilités plurielles que se posera l'installation, et c'est bien sûr en fonction du caractère meuble de ce terrain là qu'elle sera posée, testée et élaborée par touches successives.

On indiquera enfin une retombée potentielle du programme d'expérimentations que nous développerons autour et "dans" l'installation sonore de Locus Sonus, et qui tient au fait que le contexte spatial dans lequel elle s'inscrit fait l'objet d'un projet de rénovation urbanistique. En juillet 2007, les orientations générales d'urbanisme pour le site de La Défense ont été approuvées (projet 2008-2012) . Si une des orientations données, consiste à rendre possible constructions de nouvelles tours dans certains secteurs, le parvis actuel se voit dans les grandes lignes du projet conforté dans son statut initial d'espace public par une interdiction de construction sur l'ensemble de la dalle dans l'axe historique, autre que la construction de quelques "folies d'échelles modestes" et sans doute un aménagement à venir pour une meilleure visibilité de la gare RER/Métro. Le projet énonce donc une volonté de continuation d'un des principes initial qui consiste à ce que le parvis soit un lieu d'installations d'oeuvres d'art et d'évènements artistique. Enfin, l'idée de prolonger l'axe historique au-delà de la Grande Arche réapparaît...
La problématique et le terrain de travail de notre recherche recoupent fortement ces deux derniers traits de l'orientation urbaine en cours : installer une nouvelle trame viaire proposant un réseau d'espaces publics et conforter le parvis comme lieu public d'expérience esthétique et sensible.







Méthodologie

Par commodité on présentera l'architecture de notre méthodologie de travail entre artistes et chercheurs en la différenciant du type de "division du travail" qu'elle vise à démentir : en substance, aux artistes la performance, l'expression ou la création sonore, aux sociologues la réception, l'écoute. Trois points suffiront à marquer l'écart.
  • En premier lieu, un travail préalable sur l'acoustique des lieux destinés à recevoir l'installation, qu'on pourrait penser être laissé à la discrétion des artistes (d'autant que le thème de la réverbération et de sa maîtrise est très présent dans la problématique des sound artists de Locus Sonus) sera mené par les sociologues du CRESSON, et du fait de l'expertise qu'ils ont acquise dans le domaine de l'analyse des effets sonores. On marquera au passage que cette intervention de "clinique acoustique des lieux" se situera en amont des performances envisagées et parce qu'elle permettra à celles-ci de mieux s'adosser à la "matière sonore" sur le fond de laquelle elles s'enlèveront.
  • En second lieu, le travail sur la réception, l'aval – l'enregistrement des enregistrements "indigènes" des performances --, ordinairement réservé aux sociologues, sera mené conjointement avec les artistes, et pour autant que, depuis la tradition ouverte par les "Sound Walk" ils en font une partie intégrante de leurs explorations esthétiques. Réciproquement, le travail d'enquête des sociologues assumera les effets que l'enquête implique quant au déplacement et à l'élaboration des réceptions.
  • Enfin, l'évolution même du dispositif, sera co-pilotée par les chercheurs et les artistes, explorant conjointement les effets analysés et devisant de concert ses suites envisageables.
Nous avons présenté la manière dont se projet s'organisera autour d'une installation sonore. Ceci est tout aussi vrai au plan temporel qu'au plan spatial. Temps donc préalable à l'installation, puis temps de "l'installation de l'installation" (et pour ainsi dire) ; à quoi succèdera le temps propre de l'expérimentation par variations et observations des variations de déploiement du dispositif, non moins que par variations des modes de "sollicitation des publics" autour du dispositif : observations vidéo, enquêtes par entretiens, démarches d'accompagnement des publics, "sound walks", organisation d'épisodes type "performance", rencontres des publics dans des formats de type conférence.
Conjointement à cette temporalité évolutive le collectif rythmera ses travaux par des workshops réguliers, qui rassembleront tous ses protagonistes. Au temps de l'installation ces ateliers de travail seront plus fréquents. Sur la durée de 3 ans, on prévoit de 6 à 8 ateliers, qui ponctueront les avancées de l'enquête. Le contenu de ces ateliers "bilan d'étape" sera essentiel quant à la ligne "réflexive" de ce travail sur les rapports "art/science". Un autre temps, plus ample, ponctuera l'avancée du programme, par l'organisation de deux symposiums, à l'image de ceux que Locus Sonus et le LAMES ont organisés dans les années précédentes.
Si le parti général de la recherche est "d'enquêter de concert", ce qui impliquera des temps simultanés de présence sur le terrain, il reste que les agendas des uns et des autres seront néanmoins et sur certains points spécifiques.
En particulier, dans la phase d'analyse préalable à l'installation, les chercheurs du CRESSON auront une responsabilité particulière, qu'on schématisera en parlant d'une "clinique acoustique" des lieux.
De même, et dans le cours même des variations expérimentales testées, les artistes seront plus particulièrement investis dans les montages techniques que ces variations appellent, et les chercheurs dans le traitement et l'analyse des données collectées, au-delà de l'aspect partagé de ces collectes.

laboratoire associé: CNRS-MMSH, laboratoire méditerranéen de sociologie (LAMES), Samuel Bordreuil
UMR du CNRS (6127)
liens: http://www.imageson.org/    http://www.mmsh.univ-aix.fr/lames/

laboratoire CNRS et Centre de Recherche sur l'espace sonore et l'environnement urbain (CRESSON), école d'architecture de grenoble, Jean-Paul Thibaud
UMR 1563 "Ambiances architecturales et urbaines" (CRESSON Grenoble, CERMA Nantes)
liens: http://www.cresson.archi.fr/   

LTCI Telecom Paritech, Département Sciences économiques et Sociales de l'ENST, Marc Relieu, Christian Licoppe (laboratoire de recherche qui associe TELECOM Paris et le CNRS)
TCI- UMR 5141 CNRS
liens: http://www.telecom-paristech.fr/    http://www.ltci.enst.fr/